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« Soyez comme des petits enfants »…tous les maîtres l’ont dit en contradiction avec tout ce que l’on vous apprend à être depuis tout petit. On vous dit d’être responsable, fort, autonome, adulte, alors ça signifie quoi d’être comme des enfants ?

« Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez

et si vous ne devenez comme les petits enfants,

vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux ».

Matthieu 18:3

« Que l’homme âgé interroge un enfant sur la vie et il vivra.

Beaucoup des derniers seront les premiers à voir L’Unique »

Bhaktimàrga 2-7-8

Le Royaume est à l’intérieur de chacun

« Si ceux qui vous guident vous disent :

voici, le Royaume est dans le ciel,

alors les oiseaux du ciel vous devanceront.

S’ils vous disent : il est dans la mer,

alors les poissons vous précéderont ;

mais le Royaume est au dedans et au dehors de vous… »

Thomas logion 3

Le Royaume n’est pas un endroit avec de hauts murs et un grand portail gardé par un saint, c’est le Tout (Pour les taoïstes) et la conscience du Tao, du Tout qui est Dieu (Pour les déistes). En Inde certains disent, pour désigner le Royaume dont parlait Jésus, « Satçitananda » ou « Parfaite conscience de la béatitude ». C’est là où l’âme désincarnée va se fondre, en toute conscience, quand elle s’est libérée. Vous ne pouvez pas entrer dans ce Royaume si vous n’êtes pas comme un petit enfant, alors ? C’est quoi être comme un petit enfant ?

Passer son temps à jouer ? Ne pas s’occuper de ses vêtements ? De sa nourriture ? Ne manger que de la viande, des nouilles et des frites ? Non, ce n’est pas ça ! D’être comme un petit enfant ne signifie pas plus être irresponsable que le non-agir (Notion taoïste) n’est le rien faire. Vous trouvez ça compliqué ? Je vais simplifier :

Être comme un enfant

Le non-agir, c’est agir tout en gardant une partie de son attention au centre de soi. Ceci est possible grâce à une technique de méditation particulière que l’on peut pratiquer en faisant autre chose en même temps. Vous savez il y a une chose que vous êtes supposé faire de cette vie, cette vie a un but autre que de fonder une famille, d’acheter une maison, de préparer sa retraite et de contracter une convention obsèques, même si ces choses peuvent être faites sans rougir. Vous n’êtes pas sur terre par accident. Le but n’est pas d’aider ni d’aimer les autres, même s’il n’est pas interdit de le faire, si vous êtes comme ça.

Mais le but de votre existence, sa justification n’est pas d’aider les autres. Il y a une raison à votre vie autre que de s’occuper des autres, même si cette raison n’empêche pas les objectifs existentiels comme d’avoir des enfants, de changer son automobile, de trouver un emploi, d’économiser pour ses vacances, etc. La spiritualité profonde n’est en aucun cas la négation de vos besoins ni de vos responsabilités vis-à-vis de votre famille, de votre pays, etc.

C’est la vie, la vie dans le sens d’existence, c’est votre obligation : vivre votre existence au mieux, dans l’harmonie. Tous ces objectifs peuvent paraître, au premier abord, ne pas procéder de la Réalisation spirituelle, pas plus qu’avec le but suprême ; la Libération, mais en fait, quand on fouille un peu on se rend compte que sans spiritualité la vie n’a pas la même saveur qu’avec, encore faut-il s’entendre sur ce que signifie le mot « Spiritualité ».

Lâcher-prise

Tout n’est pas entre vos mains. Vous faites les choses mais leur aboutissement n’est pas de votre fait. Être comme un petit enfant c’est aussi lâcher-prise, c’est-à-dire être tout le temps tourné vers cet amour intérieur, cette paix, par la pratique de techniques appropriées, mais c’est une autre histoire. Finalement, spirituellement lâcher-prise c’est quoi ? Comment ça se fait ? Imaginez : vous êtes dans l’embarras, vous avez un souci qui vous préoccupe, qu’est-ce que le lâcher-prise, dans ce cas-là ? C’est de faire les choses mais de ne pas vous en faire. Si l’inquiétude, l’angoisse est trop forte, fermez les yeux quelques instants et respirez calmement durant quelques instants, jusqu’à ce que la tension baisse. Si l’émotion, l’angoisse revient, recommencez et recommencez encore jusqu’à ce que ça aille mieux.

Faites ce que vous avez à faire, étape par étape, en acceptant, à chaque étape de lâcher votre angoisse, votre inquiétude. Fermez les yeux et respirez calmement en écartant les pensées. Parfois nous faisons des choses, pour résoudre nos problèmes, et nous nous demandons si ce que nous faisons portera ses fruits…acceptez que ça ne soit plus votre affaire, acceptez de vous en remettre à la Grâce, une fois que vous avez fait le maximum. « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Personne ne méditera à votre place et c’est ça lâcher-prise, c’est de fermer les yeux et de se focaliser sur le centre de soi, c’est d’accepter qu’à ce moment-là rien d’autre n’ait d’importance.

Laissez faire la Grâce

Si vous avez un objectif, que vous désirez faire tomber des quilles qui sont au bout d’une piste, devant vous, il vous faut prendre une boule et la jeter, mais une fois que cette boule roule sur le plancher de la piste, vous n’avez plus rien à faire, vous ne pouvez qu’attendre. C’est pareil au quotidien : vous pouvez faire des choses mais s’il faut un mois ou deux pour que ça porte ses fruits, qu’allez-vous faire pendant ce temps-là ? Angoisser ? Lâcher-prise, voilà le plus raisonnable, le mieux à faire.

Quand vous rédigez une lettre qui peut faire que votre situation sociale, matérielle s’améliore un peu : demande de recours gracieux, par exemple, il faut parfois six mois pour obtenir une réponse, alors ? Qu’allez-vous faire durant ces six mois ? Angoisser ? Faîtes ce qu’il faut et ensuite lâchez prise. C’est ça d’être comme un petit enfant, un petit enfant n’a pas à se préoccuper de ce qu’il lui arrive, ses parents sont là pour ça.

L’enfant il range ses vêtements sales et propres sur le sol de sa chambre, de la salle de bains, du salon, de la cour de récréation de l’école et il les retrouve lavés, séchés, repassés et rangés dans les tiroirs de sa commode. Il fait ce qu’il a à faire, ranger ses vêtements sales par terre et la Grâce des parents fait le reste. La Grâce ne va pas venir lui arracher les vêtements sales du corps ! C’est pareil pour vous : vous faites ce que vous avez à faire et ensuite vous ne vous en préoccupez plus, la Grâce y pourvoira.

La Grâce y pourvoira

La Grâce y pourvoira, la Grâce y pourvoira…à condition que vous vous en remettiez à elle. Les disciples de La Voie savent comment faire ça, ils ont les trois piliers de la pratique, mais pour ceux qui ne sont pas disciples de La Voie et qui ne savent pas comment faire ? Ils peuvent demander à recevoir la Révélation et ainsi devenir capables de pratiquer les trois piliers…c’est une solution. Si vous n’êtes pas disciple et que vous ne voulez pas l’être, servez-vous de ces petits moments où vous fermez les yeux pour respirer calmement en laissant retomber la pression mentale. Je sais que ce n’est pas toujours évident d’avoir ce recul sur soi…parfois je suis chiffonné et je n’ai pas envie de ne plus l’être. Je sais que la paix est là, en moi et qu’il m’est si facile de la retrouver, mais je considère que j’ai une raison d’être fâché, alors je n’y vais pas ; je préfère être un peu fâché, pour marquer le coup. Parfois, quand nous avons affaire à des fâcheux on se soulage comme on peut !

Vous pouvez souffrir ou ne pas souffrir, choisissez, c’est entre vos mains, c’est votre libre-arbitre mais croyez-moi, en vérité, L’Un a mis en vous une grande paix toujours à votre disposition. C’est à vous d’y puiser.

« …et vous, vous n’avez rien à me dire ?

Pourquoi serait-ce la source qui devrait aller au-devant des pèlerins ?

Le pèlerin oublie parfois qu’il a des jambes pour marcher.

Il oublie que ce n’est pas la route qui défile sous lui

mais son esprit qui se projette vers l’horizon.

Demandez, si votre intention est de recevoir.

Lorsque la terre a soif, C’est elle qui doit appeler la pluie »

évangile de Marie, au feuillet 1:8