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Quand vous êtes engagé dans une vie où la « Spiritualité-authentique » domine, la compréhension est comme des poupées gigognes à l’infini : vous comprenez toujours plus ! Souvent vous croyez avoir compris quelque chose et vous vous apercevez, plus tard, qu’il y a un autre niveau de compréhension. Remarquez, comprendre, si ça aide à évoluer sur la voie, n’est pas le but d’une « Spiritualité- authentique ». Quel est le but d’une « Spiritualité-authentique » ? Et qu’est-ce que ça veut dire « Authentique » à propos de spiritualité ? Quoique ce ne soit pas le sujet de ce texte, je vais vous dire ce qu’est le but, selon moi, de la spiritualité : laisser mourir le « vieil homme » (Ou femme !) que nous croyons être, renaître en Esprit pour trouver ce que Jésus nommait le Royaume et qu’en Inde certains désignent par le mot « Satçitananda », ce qui signifie « Parfaite conscience de la béatitude ». Qu’est-ce qu’une spiritualité authentique ? C’est une spiritualité qui permet de tuer le vieil homme (Ou femme !) en soi.

Mental ou pas mental

Les concepts sont quelque chose dont se méfie toute personne engagée sur une voie spirituelle profonde où les choses du mental sont mal considérées. Ils sont le charbon de la chaudière mentale. La chaleur qui se dégage de cette chaudière est bien souvent la confusion, quand le mental n’est pas sous le contrôle de la conscience, quand les sentiments ont pris la place de la raison. Cette confusion vous plonge dans la dualité mal comprise, les pensées, les sentiments, les impressions, les rêves, la souffrance, les peurs, les doutes, les projections.

Souvent les pratiquants d’une voie spirituelle exigeante cherchent à savoir si ce qu’ils ont compris est de l’ordre du mental ou de l’âme, si ça vient du faux-ego ou de l’inspiration profonde. Un petit focus sur le mot « faux-ego » : le faux-ego est ce qu’habituellement tout le monde, ou presque, désigne par le mot « ego ». Si vous lisez la Bhagavad-Gîtâ (Chant du bienheureux), ou le Bhaktimàrga, par exemple, vous verrez ce mot. Le faux-ego est le fruit de la confusion et son continuateur, son amplificateur. Pour en revenir à cette question de savoir si la compréhension que l’on a de quelque chose du domaine de l’âme est le fruit du mental ou de l’âme, c’est simple : si cette compréhension vient à force de cogitations, alors c’est qu’elle est le fruit du mental. Si elle vient par la méditation profonde, où la pensée n’est pas la bienvenue, alors c’est qu’elle est le fruit de l’âme.

Le fait qu’éventuellement une pensée, un concept soit juste, valide n’y change rien : la justesse d’une pensée ne la transforme pas en béatitude. Un concept même vrai reste un concept et n’a de pertinence que dans le monde des concepts, celui de la philosophie, de la technique, de la littérature etc. Pour ce qui concerne votre relation à la paix-intérieure, aucun concept, aussi vrai soit-il, ne peut vous être d’une quelconque utilité. Ce qu’il vous faut c’est juste contempler, vous effacer.

L’Un est l’Unité, Dans le taoïsme on dit « Tao ». Les concepts sont du domaine de la dualité. Fermez les yeux et abandonnez-vous à la vacuité, ce vide de pensées, ou Satçitananda, comme un lézard au soleil. La dualité c’est quand vous n’êtes pas uni à L’Un, c’est quand il y a vous, L’Un et les choses. Le seul moment, dans la vie spirituelle, où le concept se justifie c’est dans le satsang. Le satsang (Ou « compagnie de la vérité ») est une pratique ancienne en Inde. C’est une sorte de monologue, de discours, de sermon inspiré par la méditation, par l’âme. Ce satsang est alors comme un colifichet que l’on agite devant le mental pour l’occuper, qu’il reste tranquille pendant que l’inspiration passe d’une âme à l’autre, de celle du donneur à celle du receveur. Il permet aussi de faire le « ménage » dans le mental, de classer les concepts, de séparer les concepts faux des justes.

La vraie compréhension

La vraie compréhension, en spiritualité, ne vient pas de l’intellect mais de l’âme. Les mots ne sont alors que l’habillage de la compréhension. Mais ce qui résonne, chez l’autre, chez celui qui reçoit le satsang, ce ne sont pas les mots, ni les concepts… ce qui résonne c’est le message de l’âme et pour que ce message soit reçu par celui qui reçoit il faut qu’il soit prêt. Sinon vous pouvez dire, écrire tout ce que vous voulez ça ne servira pas à grand-chose à court terme.

Au-delà des mots et des concepts il y a la vérité (L’universelle, pas l’individuelle) et cette vérité peut-elle se dire ? S’expliquer ? Non elle ne peut que se vivre. C’est une affaire personnelle, intime, inexprimable. Quand on est dans la paix, on n’a plus rien à dire, plus rien à désirer. Ce qui ne signifie pas que vous n’ayez plus faim ni soif, que vous n’ayez plus envie de partager avec vos proches, insensible à ce qui vous entoure.

Une médaille à deux faces

Le grand secret de toute pratique spirituelle profonde, exigeante, authentique c’est d’avoir soif. Quelle est votre soif ? De réfléchir au pourquoi du comment ? D’être en paix ? Si vous avez soif de paix il n’est pas besoin d’autre justification, d’autre raison. Le faux-ego aime la dualité. La confusion est une médaille à deux faces, l’une est noire et l’autre blanche. Sur une face il y a la nuit, les chauves-souris, les loups-garous, les sorcières, la peur, le diable, la guerre, l’injustice, la douleur etc…sur l’autre face il y a la lumière, les licornes, les anges, les fées, les dauphins, la gentillesse, les bons sentiments, la bien-disance etc…mais c’est la même médaille !

La compréhension s’approfondit par étapes et il n’est pas possible de sauter les étapes, sauf par le Nirvikalpa-samadhi, une extase mystique très rare. Le point de vue que vous avez dépend de l’endroit où vous êtes. Au pied de la montagne ou à son sommet vous n’aurez pas le même point de vue… à chaque étape son point de vue ! La compréhension est comme des poupées gigognes. Inutile, en spiritualité, d’analyser quoi que ce soit de votre vie intérieure et/ou antérieure. Analyser ne fait pas comprendre. Ce qui fait comprendre c’est la pratique, palier après palier.