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Qu’avez-vous de mieux à faire, dans la vie, que d’être pleinement conscient ? Vous voyez bien que l’offre de la société humaine, telle que proposée par ses plus hautes instances, comme de faire carrière, de se marier pour fonder une famille, d’élever ses enfants de préparer sa retraite, ses obsèques ne vous a pas apporté la vraie satisfaction.

Ce n’est pas mauvais de faire des enfants, Pour ma part j’en ai deux, d’avoir un métier…d’acheter une maison n’est pas une mauvaise chose non plus, quand on le peut. Ce n’est pas mauvais de signer une convention obsèques, ni d’assurer l’avenir de ses enfants, autant que faire se peut, mais ce n’est pas le but de l’existence, ce n’est pas suffisant, ça ne vous apportera jamais la vraie satisfaction, celle qui éteint les désirs et cette frustration sourde, au fond de notre esprit. Vous savez que la vie que vous menez ne vous apporte pas l’essentiel, non pas parce que vous auriez une mauvaise vie, peut-être même en avez-vous une belle, mais malgré ça vous restez sur votre faim d’essentiel et vous vous trouvez ingrat.

La priorité

Votre priorité ne devrait pas être d’avoir un métier, ni de fonder une famille, pas plus que d’acheter des biens de consommation. Vous en avez l’intuition. Ce sont des choses que vous pouvez faire mais pas au détriment de la priorité. La vie ne doit pas être un long couloir menant à la retraite, avec quelques portes sur le côté, comme la porte du mariage, celle de la naissance d’un enfant, la porte de leur départ de la maison etc.

La vie ne devrait pas être un trajet vers quelque chose, parce que la vie, où mène-t-elle ? À la mort, cette échéance inéluctable viendra bien assez tôt, alors en attendant vous devriez être debout et en profiter pleinement. Avez-vous vu, dans la bande dessinée  »Astérix en Corse », ces vieux assis sur un banc, qui passent leur temps à contempler le monde ? Voilà la bonne posture ! Être toujours à l’affût de l’instant.

L’éternité est contenue dans l’instant. Au moment suprême du dernier rendez-vous, celui que personne ne peut annuler ni reporter à sa convenance, c’est dans cet instant qu’il s’agira de se fondre. Quand vous lui prêtez attention, cet instant se dilate pour prendre toute la place. Alors il devient éternité. Ça arrive à la mort et lors d’un nirvikalpa-samadhi (Extase des sages en Inde). Ce moment n’est ni triste ni douloureux, au contraire ! On est plongé dans une insouciance et un bonheur sans limite ! Croyez-moi, je l’ai vécu.

Apprivoiser l’instant

Quand vous êtes habitué à cet instant, au moment du rendez-vous suprême avec lui, vous n’êtes pas surpris. Vous allez vers lui comme vers un vieil ami. C’est ça le but, la priorité: ce travail d’acclimatation avec l’instant présent.

Vous avez sans doute vu une photo de bébé dormant avec un sourire illuminant son visage. C’est le sourire de celui qui voit la lumière intérieure, qui ressent l’amour contenu dans l’instant, c’est le sourire de la béatitude. Le bébé est encore relié en direct avec l’essentiel. En grandissant, en allant vers le monde et les sens, il oublie cet essentiel. Pourtant la béatitude reste en nous tout au long de notre vie, même si nous l’avons oubliée. Une personne qui se désincarne, en ayant la pleine conscience de cette béatitude, décède avec ce même sourire que celui de l’enfant.

L’important c’est ce que vous vivez maintenant et qu’avez-vous de mieux à faire maintenant ? La vie se déroule, les jours succèdent aux jours, les semaines aux semaines, les mois aux mois et les années aux années. Il y a en vous quelque chose qui ne bouge pas, du début à la fin. C’est l’instant présent et pour être dans l’instant il suffit simplement de vous extraire des pensées. La méditation peut vous y aider, quand vous restez complètement immobile et que vous réduisez au maximum la perception de vos sens, alors vous entrez dans le moment présent.

C’est certain que si vous devez assumer toute une ribambelle de responsabilités, d’obligations, vous ne pourrez pas vous consacrer à cette démarche de la même façon qu’une personne seule, sans grandes responsabilités. Chacun reçoit la Grâce (Ou providence) selon l’intérêt qu’il lui porte. Quand vous rencontrez la béatitude dans la méditation, même un tout petit peu, c’est suffisant. Quand vous retournez à vos occupations habituelles vous voyez que votre regard a changé, que votre compréhension s’est affûtée, que votre conscience s’est approfondie ! Quand vous méditez, ne vous attendez à rien. Qu’avez-vous de mieux à faire ? Après tout ça n’empêche pas d’avoir des enfants ni de s’investir dans la société. Mais n’oubliez pas l’essentiel.

Différentes façons de marcher

Vous savez, il n’y a pas qu’une seule façon d’aller vers l’instant profond, essentiel. C’est comme pour les chrétiens. Par exemple: certains vont à la messe chaque matin, d’autres y vont chaque dimanche. Certains se confessent et communient, d’autres non et il y a les moniales, les moines et encore les ermites. Ils sont tous chrétiens mais chacun y va comme il le sent. Sur une voie spirituelle vont toutes sortes de gens.

Évidemment, tout le monde ne reçoit pas la même chose ! Ne vous étonnez pas si une moniale reçoit plus qu’une laïque. Ce n’est pas que Dieu donnerait en fonction de l’investissement de chacun, c’est seulement que plus vous vous enfoncez dans l’océan et plus vous êtes mouillé. Remettez-vous en à la providence. Chaque matin, quand vous vous levez, dites-vous que cette journée sera meilleure qu’hier, que vous serez plus conscient et soyez attentifs aux petits ambassadeurs de sa Grâce, à la lumière du ciel, qui perce les nuages, à un friselis du vent à travers le feuillage des arbres, à un sourire, à un mot gentil. La vie est pleine de ces petits bonheurs essentiels à qui veut bien les voir.