ob_c9df69_ob-0f92b4-vie-yoga-originel-la-voie-sp

Le plus important dans la vie

Il me vient de vous entretenir du vrai détachement. En « spiritualité active » on sait que le détachement est primordial et qu’il faudra en passer par là, mais c’est quoi, exactement le vrai détachement ? Si j’écris « vrai détachement » c’est que je considère qu’il existe des vrais détachements et des faux. Selon des textes écrits en sanskrit (Langue morte des Indes), il serait effectivement question d’un vrai et d’un faux détachement. Qu’est-ce qui les différencie ?

Si vous donnez ce qui vous appartient et à quoi vous tenez pour vous détacher, ce n’est pas du détachement. Si vous donnez quelque chose, de cette façon un peu sacrificielle, c’est que vous y êtes attaché. Croyez-vous qu’une fois cet objet donné vous en serez détaché ? Non, vous en serez dépossédé ! Votre attachement n’aura pas disparu si l’objet ne sera plus en votre possession.

Le vrai détachement c’est quoi ? Pour certaines personnes qui ont une pratique spirituelle profonde le vrai détachement c’est de s’attacher à autre chose, à quelque chose qui libère des attachements. Pour certains ce sera un mantra, pour d’autres, d’autres méthodes de méditation et d’autres, enfin, auront des pratiques de dévotion pour arriver au détachement. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces notions spirituelles très orientales, le vrai détachement sera de s’attacher à l’essentiel, à ce centre de soi où règne la paix. C’est vrai que ce n’est pas évident. Il faut avoir déjà connu la paix pour la reconnaître quand on la rencontre mais je crois que chacun a connu, et connaît encore, des moments de paix.

Il suffit que vous vous en souveniez pour que la mémoire ressuscite cette sensation de paix…une fois que vous vous souvenez de cette paix, fixez votre attention dessus et « soufflez sur les braises » pour la faire durer. Faites ceci à chaque fois que votre attachement vous joue des tours. Pour ceux qui ont des années de pratique sur une voie spirituelle exigeante, quel est l’attachement ultime ? Vous le savez, c’est l’attachement à soi, mais après tout, quand il ne nous reste plus rien, il nous reste encore nous-même ! Mais ce soi dont il s’agit ici n’est qu’un soi d’illusion, une idée, un concept. Comment et pourquoi se détacher de ce soi là ?

Il est possible de vivre dans une maison sans y être attaché. Imaginez un cinéphile qui serait devant un écran de cinéma, assis à regarder un film génial et qui se regarderait regarder le film ? Un cinéphile ne se regarde pas regarder le film: il regarde le film ! Il s’immerge dedans. Il s’oublie.

Il peut arriver que l’on se regarde méditer, que l’on se regarde pratiquer, mais qui regarde qui ? Il s’agit de faire, pas de se regarder faire. Si vous vous regardez faire les choses, ça signifie que vous êtes dans la dualité or l’attachement appartient à la dualité. Le vrai détachement c’est de vivre sans se regarder vivre. Le cinéphile s’intéresse à ce qui arrive aux personnages du film, il ne se demande pas s’il va bien lui-même, il s’oublie. C’est tout l’intérêt de la chose. C’est le vrai détachement, le détachement de soi. On ne peut pas se détacher en lâchant, comme ça, simplement.

Soyez heureux ici et maintenant

Soyez heureux ici et maintenant. Vous avez le droit d’être heureux. C’est votre vie, la seule qui soit la vie de ce vous que vous êtes aujourd’hui. Vous n’êtes pas en train de réviser un examen qu’il vous faudrait passer bientôt, vous êtes en train de vivre, alors vivez. Profiter de sa vie est une forme d’humilité et de reconnaissance. La vie s’offre à vous, alors ? Allez-vous jouer l’enfant capricieux ou en prendre conscience et en profiter ? C’est à vous de choisir. Profitez du voyage.

Je parlais du bonheur avec une personne qui me demandait si j’étais heureux et je lui ai répondu que ça ne m’intéressait pas d’être heureux, que je ne savais pas, que je ne me posais pas la question. Ce qui m’importait c’est d’être dans la conscience, la conscience de la vie, la conscience de l’instant et de la grâce contenue dans cet instant.

La coque et l’amande

Ce qui me plaît c’est de voir, d’entendre, de respirer et de ne pas en perdre une miette ! Alors je suis satisfait. Je crois plus en la satisfaction qu’au bonheur. Le bonheur serait une satisfaction qui durerait. Je porte en moi, comme tout le monde, une raison de m’émerveiller qui ne coûte rien. J’en profite. Comment se prendre au sérieux quand on a conscience de sa fragilité ? Concentrez-vous sur ce qui est vraiment important. Il y a la coque et l’amande. Pour vous ouvrir complètement à la conscience, oubliez-vous. Vous n’êtes pas le plus important dans votre vie. Le plus important c’est votre vie. Alors n’oubliez pas de vous occuper de ce qui est le plus important.