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Habituellement je parle pour tout le monde, mais comme j’utilise souvent les mots « Dieu », « Seigneur », le « Créateur » certains, qui ne croient pas en un Dieu, s’arrêtent à ces mots. Bien sûr que les athées sont soumis aux mêmes « états d’âme » que les croyants, plus encore ; l’absence de la foi en quelque chose d’immanent, de transcendant ajoute encore un problème à leur vie. Les athées, souvent, mélangent la foi en une puissance supérieure et l’observance du credo d’une religion.

Dommage de s’arrêter à des mots, car le Dieu que je connais intimement n’est pas souvent celui décrit par les religions. Pour moi Dieu n’est pas un homme, il ne juge pas et n’impose aucune morale particulière ni façon de se vêtir pas plus que de se nourrir. Il est tellement plus grand que ça ! Il est infini !

Bref, j’en arrive au propos de ce texte, rédigé avec mon vocabulaire habituel… je veux parler ici du bonheur. Ceux qui ne sont pas heureux, plus encore, qui souffrent dans cette vie, quand ils ont la foi prient Dieu de les secourir mais Dieu ne peut faire plus que ce qu’il fait déjà : le maximum. Il vous donne la vie à chaque instant. Si votre satisfaction, votre bonheur, votre paix ne sont pas à la mesure de vos attentes c’est qu’il y a quelque chose que vous ne faites pas bien. Je parle pour ceux qui ont une vie « normale » au sein d’une société moderne, démocratique et riche, pas des centaines de millions de gens qui manquent de tout ; d’eau, de nourriture, de soins et de paix.

Dieu se donne à cent pour cent tout le temps et à tout le monde comme l’eau d’une source coule pour chacun (Quand elle n’est pas captée par une multinationale !). Que la majorité des êtres humains ne connaisse pas la paix, à cause des guerres et de la misère, est un fait, mais chez-nous, quand on ne manque pas du nécessaire à la satisfaction de ses besoins fondamentaux, si on est malheureux ce n’est pas normal, c’est qu’il y a une cause intérieure. Qu’est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu’il vous appartient de changer quelque chose à votre existence, à votre façon de voir les choses. Mais être pleinement satisfait tout le temps, est-ce possible ? Je ne le crois pas.

Je ne crois pas qu’un jour, après avoir mangé, nous n’ayons plus jamais faim. Essayez de vous nourrir de pràna ! Il y en a qui disent que c’est possible, mais le font-ils ? Je ne crois pas qu’après avoir dormi nous puissions ne plus dormir jamais. Je ne crois pas non plus qu’il soit possible de ne pas avoir à se réchauffer quand il fait froid. Je ne crois pas que l’être-humain soit parfaitement gentil, altruiste, patient ni tolérant. L’être-humain n’est pas parfait, sa satisfaction ne peut pas l’être et chercher la satisfaction parfaite et constante est une fausse piste génératrice d’insatisfaction.

Le concept de perfection

La perfection n’est-elle pas un concept ? Ce que je connais de plus parfait, dans la dimension phénoménale, c’est la Création de Dieu et pourtant la nature n’est pas faite que de gentils vents : il y a aussi des tempêtes destructrices. La nature n’est pas faite que de lagons tranquilles et sûrs, il y a des tsunamis. Il y a des volcans, des tremblements de terre, des prédateurs et des proies, des sécheresses, des inondations et la maladie. Les animaux que beaucoup considèrent comme plus humains que l’homme, ne le sont pas. Ceux qui connaissent bien les chimpanzés, par exemple, savent que des groupes importants de ces grands-singes, vivant en forêt, font la guerre à d’autres espèces de singes vivant dans la canopée et se liguent en armée pour les chasser et les manger, ce qui est, vous en conviendrez, pas très gentil ! Alors chercher une perfection selon nos concepts utopiques, est-ce raisonnable ?

La perfection n’est pas ce que vous croyez. Quand une belle personne, un enfant plein de joie et d’avenir décède accidentellement, vous pouvez trouver ça triste, injuste et imparfait mais la mort est parfaite, elle n’est pas une fin. Juger de ce qui est parfait et de ce qui ne l’est pas avec un mental qui n’a pas été prévu pour ça et des connaissances si limitées confine à la folie. La perfection n’est pas de votre compétence, elle ne se plie pas à vos désirs ni à nos concepts. La perfection dont vous rêvez n’existe pas et ne peut pas exister. Il en existe une mais comme vous en cherchez une autre, fabrication de vos fantasmes, vous ne la voyez pas.

Même le bonheur est superficiel

Ceci dit cette incapacité de comprendre la perfection ne vous empêche pas d’en avoir un aperçu, de temps en temps, et de profiter de la paix qu’elle a mise en vous. Nous avons tous en nous cette possibilité. Quand on a la conscience « Au bon endroit », c’est-à-dire au centre de nous, à l’abri des pensées et des sentiments, on touche à la perfection mais on y touche dans les limites des capacités de notre nature. Quand on connaît cette paix-intérieure, qu’on la fréquente régulièrement même le bonheur semble superficiel. Dans la vacuité (Le vide) pleine de Lui (Le Seigneur), toutes les questions s’éteignent, les concepts disparaissent et celui du bonheur avec eux car un concept n’est qu’un concept, même beau, juste et pertinent.

Le propos de la vie n’est pas le bonheur mais la conscience et l’accomplissement du propos de notre venue, même si le bonheur n’est pas interdit ! Il y a une raison à notre naissance, quelque chose de précis à faire durant l’existence. Gagner sa vie, se marier, avoir des enfants et les élever c’est bien, si vous voulez, mais ce n’est pas le but de la vie. Pour ma part j’ai deux enfants, un garçon et une fille, et je travaille chaque jour à leur bonheur. Le but de la vie de tous les êtres est de revenir à la maison, comme le fils prodigue de la Bible est revenu chez son père après l’avoir quitté en le dénigrant, pour faire fortune. Revenir chez son père, oui mais en toute conscience et liberté. C’est le destin de tous les jeunes adultes qui quittent la maison de leurs parents et y reviennent un jour, parents à leur tour, conscients alors de l’amour que leurs parents leur portent.

Ce qui est de notre ressort

Que vous appartient-il de faire pour accomplir cette raison de vivre ? Déjà c’est de chercher à l’accomplir, en plus des objectifs existentiels comme d’apprendre un métier, de trouver du travail, de rencontrer l’âme sœur, d’avoir des enfants, une maison, un plan retraite etc. Si vous ne savez pas comment faire, commencez déjà par changer votre regard et par faire silence. Ne vous croyez pas si fort et ne faites pas toujours confiance à ce que vous pensez : les pensées ne sont pas toujours bonnes conseillères !

Pour changer votre regard, ôtez les voiles qui sont devant vos yeux. C’est déjà un début qui permet de reconnaître la Grâce, sa Guidance dans votre vie. Ensuite faites le silence dans votre esprit. Ainsi vous entendrez la musique de l’âme. Quelles sont ces choses qui voilent le regard ? Qu’est-ce qui vous rend sourd au silence ? Vos pensées font ça, vos concepts, vos certitudes, ce que vous croyez savoir et l’image que vous avez de vous.

N’écoutez pas toutes vos pensées

Faites en sorte de réduire l’influence des pensées en commençant par ne plus leur faire systématiquement confiance. Dans votre vie de tous les jours vous vous servez de vos pensées pour accomplir vos tâches et c’est bien : la pensée doit être et rester un outil. Mais quand il s’agit du domaine spirituel et de la méditation, la pensée n’aide pas, bien au contraire. Il est nécessaire de se taire pour apprécier le silence et c’est dans ce silence respecté que pousse la vraie compréhension. Il y a une réponse inaudible à ceux qui font du bruit.

La réponse est dans la contemplation. Retirez de votre regard les voiles d’illusion qui l’aveuglent en ne leur accordant aucun crédit et en contemplant, chaque fois que c’est possible, la paix du dedans, sa lumière, sa musique et la vacuité. Si vous ne savez pas comment faire, certains le savent et peuvent vous le dire à condition de le leur demander. C’est comme pour tout. Ah, c’est dur de demander souvent ! De frapper à une porte mais faites-le, si vous en avez besoin. Ne vous laissez pas arrêter par votre vanité ou par votre timidité.