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Te souviens-tu de l’enfant que tu étais ? Avant les souvenirs, les rêves d’avenir et le désir de plaire à ceux que tu aimais, d’être celui, ou celle qu’ils voulaient que tu sois ? En ce temps là tu n’étais pas encore le principale héro de ton histoire.

Te souviens-tu du monde, quand tu le regardais avec tes yeux d’enfant ? Comment les peupliers jaillissaient vers le ciel, près d’en toucher les nuages, comment l’or du soleil faisait danser leur feuilles et qu’il ouvrait ton regard pour toujours. Tu soufflais les pissenlits, pour les voir tomber doucement, comme des parachutistes sur la jungle de l’herbe, aux prés où tu passais ton temps sous le soleil d’été.

Ton cœur sent-il encore les mandarines, quand noël faisait briller ses boules de verre ? Et ressens-tu le froid, sur la pointe de ton nez, qui endort la chaleur de la salle de classe et fait crisser tes pas sur le blanc de l’hiver ? Comme si tu étais le premier sur la terre.

Quand tu était joyeux tu sautais comme un cabri et quand la peine te venait, les larmes coulaient de tes yeux et roulaient sur tes joues sans même que tu cherchas à les arrêter. Tes sentiments, alors, ne connaissaient pas le frein de l’image de toi, tu les vivais en direct, sans masque et le temps faisait du sur-place, les saisons se succédaient sans qu’il bougeât d’un pas.

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Te souviens-tu de combien ta poitrine se gonflait de l’air qu’elle respirait et qui faisait, en elle, comme un sorbet dans ta bouche les jours de forte chaleur ? Tes souvenirs, alors, n’étaient qu’une imprécise tristesse adoucissant l’éclatante joie de l’instant.

Maintenant tu es grand, tu es grande et le temps marche à grands pas. Il te tire en avant, t’empêchant de flâner un peu au détour de l’instant et tu construis, aujourd’hui, les murs qui demain, t’enfermeront dans une sécurité insipide et sans joie. Tes souvenirs sont comme autant de blessures qui meurtrissent l’enfant que tu étais et tu n’entends plus ses sanglots car « un grand ça ne pleure pas » et pleurer, en vérité, ça ne sert à rien, alors à quoi bon ?

Tu t’es enfermé dans une armure dont tu ne peux plus sortir et pourtant tu as peur des blessures à venir qui viendraient raviver celles du passé, à peine refermées. Pourtant l’enfant que tu étais est encore aujourd’hui. Il suffirait, pour qu’il sorte des souvenirs, que tu t’éveilles à l’instant, oublieux du passé et que tu retrouves ta sincérité d’alors, sans calcul ni retrait. Notre cheminement spirituel a la clé de l’armure qui t’enferme. Mais tu es le seul, tu es la seule qui peux en ouvrir la serrure et te libérer des concepts, des idées toutes faites, des peurs, du passé et du futur pour t’attacher seulement à l’instant, en toute liberté.

Libère l’enfant que tu étais.