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Pour vivre une spiritualité vraie, profonde il n’est pas obligé de vivre dans un monastère ou un ashram. Certains, certaines très motivés par la recherche de l’amour de Dieu, la vérité, l’accomplissement de leur destinée spirituelle véritable ont des obligations sociales, familiales, morales telles qu’ils ou qu’elles ne peuvent pas entrer dans une communauté spirituelle, prononcer des vœux et ne se concentrer que sur la spiritualité.

Jésus a dit que « le premier sera le dernier » et qu’il serait plus facile « à une corde de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au Royaume » (L’évangile de Jésus 11-20)…c’est vrai.

Il disait aussi qu’il ne fallait pas servir, en même temps, Dieu et Mammon et il enjoignait aux gens qui déclaraient vouloir entrer au Royaume de tout quitter et de le suivre. Dans l’absolu, j’ai bien peur que : oui, pour aller aussi loin que possible sur cette voie il faut pas en suivre plusieurs en même temps !

Les obligations que chacun doit assumer pour des raisons morales sont une constante de La Voie ; quand on est responsable d’êtres on se doit à eux, on ne peux pas laisser tomber nos obligations sous prétexte que quand on médite profondément rien de ce qui nous entoure ne peut plus nous attirer : la béatitude nous suffit.

Alors c’est ça le propos des ermites, qu’ils soient tibétains, bouddhistes, ou catholiques : ne vivre que cette liaison intime, intérieure avec Dieu. C’est pour cette vie entièrement baignée dans la grâce que des femmes et des hommes se font moniales et moines, prêtres. Pour ce bonheur vrai ils, elles abandonnent tout le reste. Ils, elles ne sont pas masochistes ! Ils, elles y trouvent leur compte.

La Voie n’est pas faite que pour les saints

Maintenant La Voie n’est pas faite que pour les saints, les moines ni les ermites, ces gens qui veulent se consacrer uniquement à leur relation à Dieu. Bien sûr qu’il est possible d’être « laïque » et pratiquant. C’est plus compliqué de vivre l’absolu mais quand on est parent, impliqué dans la société des hommes on n’a pas non plus toujours besoin d’absolu ! Il suffit d’être bien dans sa vie, de fréquenter la paix intérieure et de faire au mieux.

C’est pour cette raison que pour les hindouistes, il y a trois phases à l’existence : l’enfance, la vie adulte de parent, d’employé et l’âge mystique ; à la retraite où ils se consacrent à la piété et au mysticisme. Ils ne s’engagent pas dans le mysticisme, avant leur retraite, sauf d’être brahmane, saddhu…ils travaillent, font des enfants et les élèvent et ensuite ils passent leur temps au temple, comme nos anciens qui passent leur temps à l’église. Ils savent bien que l’on ne peut pas faire les deux : avoir un but existentiel et connaître la félicité intérieure complète. Il faut savoir ce que l’on veut, dans la vie.

Il ne faudrait pas qu’un amoureux de Dieu abandonnât sa famille sous prétexte de se consacrer à la dévotion ! Il n’y a pas besoin d’être mystique pour abandonner ses enfants, sa famille mais je ne veux pas que La Voie soit un prétexte à le faire.

Tu dois assumer tes devoirs sans chercher à les fuir

Le chant du bienheureux (Bhagavad-Gîtâ) extrait de 1.10.

On ne doit jamais renoncer à ses devoirs. L’homme qui, sous l’emprise de l’illusion, y renonce, on dit de son comportement qu’il est dicté par l’ignorance.

Le chant du bienheureux (Bhagavad-Gîtâ) extrait de 16.6

Celui qui assume ses devoirs n’a pas besoin d’y être obligé

Lao-Tse, le Tao-Te-King extrait de livre un, chapitre 27.

On peut vivre une spiritualité laïque

On peut vivre une belle et épanouissante vie spirituelle en ayant une famille, des obligations sociales, des êtres qui dépendent de nous mais on ne peut pas aller aussi profond qu’une moniale, qu’un moine ayant prononcé des vœux et tendant chaque geste de chaque journée vers la conscience de la béatitude ! Sinon quel serait l’intérêt de tout lâcher s’il n’y avait pas quelque avantage à le faire ?

En fait c’est tellement plus simple quand on donne tout ! On reçoit tout…les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. Les premiers à la distribution des prix du monde de l’argent seront les derniers à la distribution des prix du Royaume et vice-versa !

Quand je médite profondément, la journée, sur le Saint-Nom, je dois faire attention de ne pas aller trop profond…sinon je ne suis plus disponible pour ce que je dois faire : je suis si bien dans la paix ! Je ne veux rien d’autre et plus rien n’a d’importance. Pourtant d’autres ne sont pas de mon avis : par exemple mes enfants et des pratiquants avec lesquels je vis, je me dois à eux, alors…je me retiens d’aller trop profond et me réserve pour la méditation assise.

Quand on a la grâce de n’avoir aucune attache et, en même temps, un profond et absolu désir de béatitude il est possible d’aller plus profond dans sa relation à Dieu, en soi. Quand je suis dans la conscience du Saint-Nom, dans une profonde conscience je suis parfaitement en paix et ne désire plus rien, ni amour humain, ni plaisir autre, ni justification sociale à mon existence…je suis auto-suffisant. Ce serait si facile de zapper ses obligations humaines et pourtant il ne le faut pas.

Il y a deux façons

La vie spirituelle, sur La Voie, en existant dans le monde pleinement est possible : elle apporte un certain recul, une joie simple et la conscience du bonheur que l’on a de vivre. Elle vaut le coup d’observer les valeurs de La Voie et de pratiquer ses trois piliers, ça donne un sens, une dimension supplémentaire et essentielle à l’existence.

La vie spirituelle, sur La Voie, en célibataire sans attaches ni enfants, modestement, sans un plan de carrière ambitieux c’est autre chose, c’est plus mystique, plus profond. Nous recevons au prorata de ce que nous donnons.

Choisissez et une fois ce choix fait ne le regrettez pas.