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L’illusion, dans bien des croyances originaires des Indes, est nommée « Màyà », c’est-à- dire le reflet de la réalité. Beaucoup considèrent que le monde, tel que nous le connaissons, est Màyà, illusion. Pourquoi ? Parce qu’il est né et qu’il cessera un jour et que tout ce qui n’est pas l’éternel est illusion, Màyà. Mais cette histoire que le monde ne serait qu’une illusion est, selon les enseignements de La Voie, une erreur. Le monde est le cadeau du Créateur pour nous, il est réel…provisoirement. L’illusion est dans le regard de celui qui a une conscience perdue à la surface des choses.

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La Màyà

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La cause de bien des souffrances morales est intérieure. En Inde certains disent que la souffrance vient quand la Conscience se perd dans la dualité de la Màyà.  Màyà, ce mot a de nombreux sens selon la mystique qui l’utilise. Pour certains (Sri Aurobindo par exemple) la Màyà est une déesse qui crée les charmes illusoires du monde. Pour d’autres elle serait la nature elle-même, pour d’autres encore elle serait le pouvoir dont Dieu userait pour se manifester.

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Pour de nombreuse personnes, qui s’intéressent aux mystiques indiennes, Màyà signifie illusion. L’exemple du reflet sur l’eau est souvent donné : la Màyà, notre monde serait le reflet de la vérité. Ainsi les mystiques les plus zélés méprisent-ils le monde, le tenant pour illusoire et ne s’intéressent-ils qu’à la vérité qu’ils espèrent rencontrer dans la méditation. D’autres ne considèrent comme Màyà que les créations du matérialisme moderne.

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Quand tu ne seras plus distrait par l’illusion du monde, Quand tu seras absorbé dans l’agya tu connaîtras Satçitananda

Bhaktimàrga 2-2-17

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Voici notre définition:

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La Màyà, ou illusion, est la vision du monde vu à travers les yeux de l’ignorance

 Sri Hans yoganand ji

L’illusion est le fruit de notre regard

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L’illusion n’est pas le fait du monde, elle est une façon de voir qui s’illusionne par ignorance de la vérité sous-tendant toute la Création. Bien sûr que le monde est limité dans le temps et dans l’espace : il a été crée et cessera un jour. Mais est-il, à cause de ça, une illusion ? Non, il est une réalité éphémère. Le fait de considérer le monde comme Màyà, illusion indigne d’intérêt est une posture dictée par l’égo-spirituel. Il est de bon ton, pour ceux qui se disent spirituels,  éveillés, de mépriser la Màyà.

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Le monde est un cadeau de Dieu

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En vérité le Monde est un cadeau du créateur où vous avez la grâce de vivre et le seul endroit où il vous est possible d’accomplir votre destinée. L’incarnation, la prise d’ego est le moyen que Dieu a trouvé pour faire que l’âme prenne conscience et retourne à Lui en toute liberté, exerçant son libre-arbitre au profit de sa Libération. Mais il existe une Màyà qui est vraiment un boulet, vous empêchant de profiter de votre existence et du monde tel que Dieu l’a fait. Cette Màyà est l’aberration suscitée par l’ignorance qui vous donne une vision déformée de la réalité.

L’illusion est multiple : par exemple, croire que le travail, la famille, l’acquisition d’une maison et d’autres biens sont générateurs de bonheur. Il n’est pas mauvais d’avoir un logement, de la famille, des biens matériels mais n’oubliez pas que le bonheur ne viendra pas de là. Les bonheurs du monde sont comme un feu de paille. Il existe d’autres illusions, d’autres Màyà, à chacun de faire sa propre liste. Le phénomène mental de projection est une de ces illusions : lorsque l’on prête à autrui les intentions, les pensées, les craintes, les sentiments qui sont les nôtres.

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Le moyen de réduire la souffrance, dont l’ignorance est la cause, c’est la connaissance. Pas les connaissances apprises à l’école, dans des livres, mais celle venue des profondeurs de la méditation.

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Lorsque les Hommes ne craignent pas ce qu’ils devraient craindre, alors arrive ce qui est grandement à craindre. Ne soyez pas insatisfait de votre séjour, ne vous dégoûtez pas de votre sort. Je ne me dégoûte point du mien, c’est pourquoi il ne m’inspire point de dégoût.

Le sage se contente de sa vie, il ne se vante pas. C’est pourquoi en tout il peut faire librement son choix et c’est dans la profondeur et non dans l’extérieur qu’il puise sa Connaissance. C’est dans le dedans et non dans le dehors qu’il puise son amour.

Lao-Tse, Tao-Te-King, livre deux, chapitre 72.