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Contrairement à une idée très répandue chez ceux qui aiment la spiritualité, le mental, pas plus que l’ego, n’est l’ennemi de l’âme et d’une pratique spirituelle vraie et profonde. En vérité le mental est un outil et ce qu’il produira, compréhension ou confusion, dépendra de qui l’utilise. Quand j’écris ça je ne veux pas dire que ça dépendra de la personne mais plutôt de ce qui, chez la personne, gouvernera le mental : l’âme ou la vanité (faux-ego).

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Si la personne a sa conscience à la « bonne-place », le mental produira de bons concepts, des explications claires et justes. Si sa conscience ne sait pas qui elle est, si elle est identifiée à la personnalité, aux connaissances apprises, aux sentiments, au corps, en oubliant qu’elle est l’âme, alors le mental sera livré à lui-même et produira de la confusion. C’est alors que l’on parle de « faux-ego ». Ce mot, qui désigne la vanité, la confusion née d’une mauvaise identification a été utilisé dans la Bhagavad-Gîtâ, qui est un livre sacré en Inde. Ce mot, « faux-ego » sert également sur La Voie.

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Le mental est un bon sujet pour une mise au point parce qu’il en est beaucoup question dans la « sphère-spirituelle ». Des chercheurs (de vérité) le fustigent et le traitent « pis-que-pendre » ! Certains mots lui sont associés dans l’opprobre, comme « ego ».

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Le mental et l’ego

Le mental, pas plus que l’ego, ne sont mauvais. Leur réputation sulfureuse vient d’un malentendu: on confond « ego » avec le « faux-ego » et le mental avec les conséquences de la confusion. L’ennemi, en apparence,  c’est le faux-ego. Ce nom est presque inconnu en occident.

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Si tu deviens conscient de Moi, tous les obstacles de l’existence conditionnée, par Ma Grâce tu les franchiras. Si toutefois tu n’agis pas animé par une telle conscience mais par le faux-ego Me fermant ton oreille tu seras perdu

Bhagavad-Gîtâ, 18.58

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Le but de la pratique de La Voie est de faire en sorte que la conscience profonde, le « vrai-soi » soit de nouveau réunie, qu’elle cesse d’être éparpillée dans les objets des sens. « Celui-qui-divise », ou qui désunit (selon l’étymologie du mot diable), est donc celui qui l’on considère comme un ennemi, alors qu’il n’est qu’une contrepartie naturelle à notre libre-arbitre.

Chez certains, donc, le mot mental et le mot ego remplacent celui de faux-ego. En vérité l’ego est ce qui permet à l’âme de s’incarner et de devenir une individualité. Il est une Grâce: sans lui pas de Conscience.

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L’autre face de l’ego

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Le faux-ego est la conséquence d’une conscience mal identifiée, mal placée à cause de notre libre-arbitre et il est illusoire de penser s’en débarrasser. Le mieux que l’on puisse faire, à propos du faux-ego, ou vanité, est de l’ignorer et d’aller où il n’est pas : dans la conscience de cette Paix que nous avons en dedans.

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Il y a deux niveaux de mental: le mental-inférieur et le mental-supérieur ou intelligence. Le mental inférieur s’occupe de la gestion des choses sur un plan qui concerne le corps, les sens et le fonctionnement du corps, de ses grands systèmes: sanguin, nerveux, respiratoire, digestif etc. Il s’occupe aussi de la mémoire de service, l’équivalent, pour le cerveau, de la mémoire RAM d’un ordinateur.

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Le niveau supérieur, l’intelligence, est la partie qui sert d’interface entre le plan matériel, celui du corps et du mental et le plan plus subtil de l’âme. C’est lui qui commence la méditation dans sa phase de concentration. Quand vous entrez dans la méditation profonde, Dhyàna, c’est la Conscience qui prend le relais.

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Le mental conduit le corps et l’esprit pour rêver ressentir la beauté de la Création

Bhaktimàrga 1-2-21

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Le mental génère des sentiments, des pensées, des idées, des concepts. Les concepts sont le fruit d’une réflexion intellectuelle, issue des connaissances théoriques, livresques, on parle alors de connaissance-apprise. Ils peuvent aussi être issus de la profondeur intérieure, de la méditation, de l’inspiration de l’âme, on parle alors de La Connaissance-non-apprise.

Tous les sentiments, toutes les pensées sont des vrittis. Certains seront gênants pour entrer en méditation profonde, et d’autres seront favorables, comme la phase de concentration, au début de la méditation (dharana). Pour entrer dans la méditation profonde, le méditant doit se tenir complètement immobile et utiliser la technique appropriée, pour se concentrer.

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Quand c’est fait, il y a Dhyàna, puis samadhi, le plus haut des samadhi étant le nirvikalpa-samadhi, porte de l’éveil. Le mental est un outil qui fabrique ce que vous lui demandez. Si la vanité, l’aveuglement sont à la manœuvre, le mental produit de la confusion. Si c’est la Conscience qui commande, alors il produit de la compréhension, de l’intelligence et de la sensibilité.

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L’ennemi est une Conscience mal placée

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L’ennemi est une Conscience mal placée. Ne vous trompez pas, n’essayez pas de le combattre: cette démarche est vouée à l’échec et dictée par l’ennemi lui-même, afin de vous tromper. Non ; il ne s’agit pas de vaincre, il s’agit d’être conscient de la bonne façon.

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Celui qui se bat à grands coups d’ascèses sévères et qui meurtrit son corps par de grands sacrifices est le faux-ego lui-même. Chez le mystique, le faux-ego devient « ego-spirituel ». Tout ce qu’il cherche c’est de vous plonger dans la confusion et la souffrance. L’enfer n’est pas toujours pavé de bonnes intentions.

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Le propos de La Voie est de permettre à ses pratiquants de placer leur conscience en cet endroit, au dedans, où règne la Paix. Chasser la vanité n’est plus un but mais une conséquence.