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Le karma est un concept appartenant à certaines spiritualités, comme l’hindouisme, le jaïnisme, le sikhisme et le bouddhisme. Ce mot, comme tant d’autres a plusieurs acceptions. Je ne veux pas toutes les passer en revue et je me contenterais d’exposer les plus connues et le point de vue, à ce propos, de La Voie. Mon souci est de simplifier sans pour autant appauvrir le propos.

La notion de karma a été propagée plus fortement à partir du moment où l’écriture a existé et où elle a pu être fixée sur des documents. La première fois que le mot karma est apparu c’est dans les Upanishad entre 800 et 500 ans avant notre ère. Deux grandes acceptions sont principalement données au mot karma. La première est la loi d’action-réaction que je définis ainsi:

Toute pensée, paroles, acte génèrent une réaction en retour d’égale qualité et intensité, c’est le « karma ».

Autrement dit si vous crachez en l’air vous recevrez votre crachat sur la tête (à condition de ne pas bouger !). La seconde, pour les spiritualités admettant la réincarnation, est que la somme de vos actes influe sur vos incarnations prochaines, jusqu’à ce que cette somme soit positive et vous libère des chaînes du « samsàra » (le cycle des incarnations). La somme des actes de la vie passée serait le karma et déterminerait votre destinée.

Pour les hindous il faut cinquante deux millions de réincarnations (le « kalpa » -une unité de temps de l’hindouisme et du bouddhisme- est égal à 52 millions d’années), sous diverses formes allant de végétales à insectes, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères, mammifères supérieurs avant d’arriver dans un corps humain.

Le samsàra

Il faut ensuite des centaines ou des milliers ou des centaines de milliers de réincarnations en tant qu’humain (selon la conscience de chacun) avant d’atteindre la Libération (des chaînes des réincarnations), ou « Moksha ».

L’âme, étincelle de L’Un par le Verbe contenu, passe de vie en vie, de forme en forme, jusqu’à l’humanité

Bhaktimàrga 1-2-10

Savoir toutes ces choses au sujet du karma ne sert strictement à rien, sinon à satisfaire la curiosité de l’intellect et pour certaines personnes cette utilité n’est pas à négliger, tant leur intelligence est avide de « connaissances-apprises ». Le sage garde en mémoire que les « connaissances-apprises » ne replacent pas la connaissance-non-apprise, celle venue du plus profond de sa conscience par une vie spirituelle bien menée.

Après tout l’intelligence, le mental ne sont pas des ennemis, tant qu’on leur garde la bride serrée ! Quand vous allez sur La Voie, vous y allez entier et, durant votre incarnation, vous n’êtes pas seulement l’âme. Vous êtes aussi votre mental, votre intelligence et votre corps. Ces constituants, le corps, le mental, l’intelligence et l’âme fonctionnent de concert durant cette existence et sont interdépendants. Pourquoi ne pas faire plaisir au mental et lui donner quelques « concepts-bonbons » ? Mais n’oubliez pas : il ne sert à rien de savoir quelque chose à propos du karma. Je veux vous donner le point de vue de La voie à propos du karma.

Pour nous le karma, en tant que loi d’action-réaction, existe, qui ne l’a pas expérimenté dans sa vie ? « Comme on fait son lit on se couche » ! Alors, tant que l’on reste soumis à cette loi, il s’agit de faire attention à ses pensées, à ses paroles et à ses actes. Mais pour ce qui est de la notion de karma, comme somme de tous nos actes d’une vie influant sur l’incarnation prochaine, je suis convaincu qu’elle est erronée malgré qu’elle soit acceptée par des centaines de milliers de croyants à travers le monde. Je vous livre ma compréhension de la chose :

Quand on meurt on efface tout. L’incarnation prochaine nous donne une autre chance d’atteindre la Libération. Comme nous ne sommes pas, durant nos existences, seulement l’âme, mais aussi le corps et le mental, et que ces composants sont liés, les actes sont les fruits de cet ensemble que nous sommes et pas seulement ceux de l’âme. Mais seule l’âme passe de corps en corps. Le mental et le corps sont à chaque fois différents. Pourquoi ferait-on peser sur la seule âme la responsabilité d’actes qui ont été ceux d’une personne faite de tous les autres composants ?

Nos actes sont le plus souvent dictés par notre mental, n’est-ce pas ? Ceux qui sont dictés par l’âme ne sont pas en majorité chez une personne dont la conscience profonde n’est pas encore très installée. Où serait gardée la mémoire de nos actes passés ? Dans quelle bibliothèque ? Les « annales akashiques » ? Quel est leur système de classement ? Qui s’occupe de récupérer les infos ? Je plaisante mais ne crois pas en ce concept assez récent, pure invention des « théosophes » à la fin du dix-neuvième siècle.

Chaque incarnation est une remise à zéro des pendules…pas tout à fait toutefois, toutes nos incarnations humaines n’ont pas servi à rien et il y a quelque chose d’elles qui passe de vies en vies : l’expérience ou le niveau de conscience de l’âme. Incarnation après incarnation humaine notre âme approfondit sa conscience pour être « deo-compatible ». Avant de disserter sur le karma, il faut savoir quel est le propos de tout ça : ces cinquante deux millions d’incarnations diverses jusqu’à la première dans un corps humain, puis les milliers d’incarnations humaines jusqu’à une éventuelle Libération (Moksha).

Une histoire d’Amour

Toute cette histoire est une histoire d’Amour. Il ne s’agit pas de l’amour comme nous pouvons le vivre, nous les êtres humains, l’amour que l’on porte à une personne, à un pays, par exemple, non : si ces amours ont leurs mérites et leur beauté, l’Amour de Dieu (ou de L’Unité suprême –Tao– pour les non-déistes) est une autre chose. Il n’est pas un sentiment, aussi beau soit-il mais une force en action, cette force en action est nommée « vertu-du-Tao » dans le Tao-Te-King de Lao-Tse.

Pourquoi Dieu, ou le Tao, a-t-il mis une goutte de son Océan dans une forme singulière qui est aujourd’hui nous ? Imaginez l’océan…est-il composé d’une infinité de gouttes d’eau ? Non, dans l’océan il n’y a pas de gouttes d’eau : il y a l’eau de l’océan. La goutte d’eau existe seulement quand une partie de l’eau quitte l’océan et que, dans les nuages, elle s’agglomère autours d’un noyau de condensation, une poussière, pour devenir une goutte et retomber vers l’océan.

Les nuages sont l’entre deux-incarnations, le noyau de condensation est l’ego et la chute du ciel vers l’océan c’est l’existence. Alors ? Quel est la raison de tout ce « cirque » ? Le but c’est de donner une conscience individuelle à une partie de la matière de Dieu. Le seul moyen pour qu’une conscience individuelle, douée de la conscience d’elle-même et du libre-arbitre, puisse devenir consciente d’elle-même est de l’unir à l’ego et de l’incarner. C’est le mariage d’une petite part de la matière divine et d’un ego qui fait naître l’âme. Son incarnation en fait une « âme-incarnée » ou « Témoin ».

L’humain est libre d’aller, ou de ne pas aller, au Royaume, cette liberté en est La Clé ‘

Bhaktimàrga 1-2-16

L’âme est conscience, dans la cohorte des êtres sur la voie du retour

Bhaktimàrga 1-2-11

L’âme vient de L’Un, la Grâce lui donne chair, par l’ego offert, pour qu’elle prenne conscience

Bhaktimàrga 1-2-12

L’ego donne la conscience et le choix

Bhaktimàrga 1-2-22

Le libre-arbitre

Alors ? Pourquoi le dernier stade est-il l’être-humain ? En quoi l’être humain est-il la « couronne de la création » ? C’est vrai qu’en voyant les mauvais côtés de l’humanité on peut douter qu’il soit le sommet de l’évolution mais l’être humain a quelque chose que les animaux n’ont pas et qui fait de lui la dernière étape du samsàra : le « libre-arbitre ».

Seul l’être-humain dispose du libre-arbitre. C’est justement à cause de ça qu’il est capable d’une telle ignorance que tant d’actes mauvais sont à mettre à son palmarès. Mais pourquoi donner le libre-arbitre à l’Homme ? Parce que le propos de Dieu est de faire que l’âme-incarnée puisse retourner à Lui en toute conscience et liberté.

Quand l’âme se libère, après si longtemps passé dans le cycle du samsàra, elle s’est raffinée de manière à ce que l’ego ait laissé sa marque indélébile, c’est cette marque, comme celle d’un gros lierre disparu sur l’écorce d’un arbre, qui donne à l’âme une conscience individuelle, même après la désincarnation. Sans cette conscience, la Libération serait simplement la disparition de l’âme, comme quand une goutte de pluie tombe dans l’océan. Qu’est-ce que devient une goutte de pluie se fondant dans l’océan ? Rien, elle disparaît.

Le but de tout ça c’est que l’âme ne disparaisse pas. C’est comme cette parabole évangélique du retour du fils prodigue. C’est à cause de tout ça que le karma ne peut pas être la somme de toutes les incarnations traversées, en tout cas pas en tant que somme des actes, ce qui viendrait conforter le concept judéo-chrétien du jugement dernier. Si cette acception du karma, comme somme des existences passées, est cette trace laissée dans l’âme par l’expérience accumulée, alors je valide ce concept.

Chaque incarnation donne à l’âme un peu plus de conscience

Bhaktimàrga 1-2-14

A l’abri du karma

Pour ce qui est du karma en tant que loi de l’action-réaction c’est autre chose. Les actes d’une incarnation sont valides pour l’incarnation en question. Toutes nos pensées, nos paroles, nos actes entraînent une réaction de même qualité et intensité. Mais ces réactions se font dans cette vie . La personne que vous serez dans votre prochaine incarnation sera une nouvelle personne ne pouvant être tenue pour responsable des actes de l’ancienne personne.

Il y a autre chose à considérer, à propos du karma, c’est la possibilité de vous en affranchir : vous pouvez vous mettre à l’abri du karma, bon ou mauvais et que seule la Grâce régisse votre existence et ce que chaque acte porte en lui : quand vous mettez de l’eau dans une casserole sur du feux, l’eau chauffe et ça n’a rien à voir avec le karma ! Comment vous mettre à l’abri du karma ? Par le non-agir, mais c’est là une autre histoire.

Celui dont la Grâce a chassé les doutes et qui observe l’Agya se tient dans la conscience hors du karma

Bhaktimàrga 2-2-21

Toute action en état de Service échappe au karma

Bhaktimàrga 2-3-6

Absorbé dans le non-agir le sage a son refuge dans L’Unité et, renonçant en ce monde aux fruits de ses actes, s’affranchit du cycle des morts et des renaissances. Il parvient ainsi à l’état par-delà la souffrance.

Le chant du bienheureux Chapitre 1, verset 11.

Après avoir reçue la connaissance non-apprise de la nature réelle de l’âme, le sage peut maîtriser le mental, ce qui lui permet de connaître le non-agir ; c’est à dire agir sans être lié à ses actes. Quand cette compréhension le guide, le sage ne goûte plus aux fruits de ses actes mais aux délices de l’harmonie, de sa Grâce.

Le chant du bienheureux Chapitre 1, verset 7.

De là vient que celui qui a réalisé l’Unité agit dans le non-agir, l’action faite dans le détachement de ses fruits et l’attachement constant à l’Unité.

Lao-Tse dans le Tao-Te-King, extrait de livre 1, aphorisme 2.

Le Tao est constamment dans le non-agir, pourtant il fait tout.

Lao-Tse dans le Tao-Te-King, extrait du livre 1, aphorisme 37.

Ici le karma sont « les fruits des actes » et le livre intitulé « le chant du bienheureux » est l’interprétation de la Bhagavad-Gîtâ par La Voie.