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Je sais que l’affirmation qui suit ne sera pas acceptée par tout le monde, pourtant il me faut la faire de façon un peu lapidaire avant d’entrer dans la subtilité du détail : le bien comme le mal existent, le jour comme la nuit, le froid comme le chaud, le yin comme le yang. Bien sûr, chacun verra midi à sa porte: ce qui est bien, pour certains, sera mal pour d’autres mais en vérité le bien et le mal existent ! Certaines personnes sauront les distinguer facilement, d’autres non.

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Mais il ne s’agit pas, ici, de se pencher sur le bien et le mal, c’est un sujet différent, non le propos de ce texte est le diable.

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Il est impossible de décrire, de définir Dieu ou L’Un de telle façon que tout le monde comprenne. Les spécialistes de Dieu, tenants des religions, seront les plus enclins à donner des concepts  »clé-en-main », des définitions apprises qu’ils peuvent répéter par cœur et qui ne souffrent d’aucune discussion. Ils ont des preuves de la véracité de ces définitions: des livres indiscutables, écris il y a longtemps.

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Mais en vérité tout sur Dieu est faux. Il est hors de portée du cerveau humain. On ne fera jamais entrer l’océan dans une bouteille. Tout ce qu’il nous est possible de faire c’est de ressentir sa Grâce. Beaucoup n’acceptent pas l’idée qu’il existe un Dieu, sans doute à cause des clichés qui ont été véhiculés à son propos depuis qu’existe la notion d’un Dieu unique. Des athées acceptent l’idée du Tao mais le Tao c’est Dieu. Sur La Voie nous disons souvent L’Un, pour parler de Lui. Il n’est pas une personne et il est plus qu’une énergie : il est une volonté, l’inventeur de l’équation primordiale qui régit toute vie.

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Le mot diable

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Le diable est à peine moins difficile à dire, à expliquer que Dieu. Vous êtes-vous demandé que signifiait ce mot, diable ? Voici ce qu’en dit Wikipédia, recoupé par tous les dictionnaires:

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Le Diable, en latin : « diabolus », du grec « diàbolos», issu du verbe « diabàllo”, signifiant « celui-qui-divise » ou « qui-désunit » ou encore « qui-détruit » est un nom propre général personnifiant l’esprit du Mal, aussi appelé « Lucifer » ou « Satan » dans la Bible .

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C’est extraordinaire, non ? Le diable est celui qui divise ! Vous savez peut-être que le mot yoga signifie « Unité », « Union » depuis le moine samnyàsin (moine errant) Adi Shankara, vers le huitième siècle avant notre ère. Avant lui ce mot signifiait « liberté », « libération », « repos ». Je parle, ici encore, du vrai yoga mystique, pas d’une gymnastique. le fait que diable signifie « celui-qui-sépare », désunit parle fort aux pratiquants de La Voie !

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A travers sa pratique on cherche à se recentrer pour connaître l’Unité. Le moment le plus profond de cette unité possible est la méditation et l’extase. Dans la méditation, si on connaît à peu près l’Unité, on sait aussi ce qu’est son contraire, la dualité, la confusion. On connaît aussi ce qui empêche de s’unir, ce qui désunit: les pensées distillées par un mental hors de contrôle de l’âme générant quelque chose que beaucoup confondent avec l’ego : le faux-ego. Le faux-ego sera le sujet d’un autre texte. Nous verrons plus loin que l’esprit du mal, il y a longtemps, a été nommé « Ahriman ».

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Celui qui sépare, le diable, est le faux-ego

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Cette notion de faux-ego est inconnue de la majorité des gens. Tous les côtés négatifs du faux-ego sont habituellement attribués à l’ego. Mais l’ego n’a rien de négatif, au contraire : c’est lui qui donne à l’âme cette conscience d’elle-même, cette capacité à dire « je ». Là encore c’est un sujet pour un prochain texte.

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A part sur La Voie, dans le Bhaktimàrga, là où l’on parle le plus du faux-ego c’est dans la Bhagavad-Gîtâ, un livre spirituel originaire des Indes, celui où il est question de Krishna. Un extrait de ce livre à ce propos:

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Si tu es conscient du Tout, tu franchiras les obstacles de l’existence conditionnée. Si toutefois, tu n’agis pas animé par une telle conscience, mais par le faux-ego, fermant ton oreille à la vérité, tu seras perdu.

La Bhagavad-Gîtâ, verset 18.58

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Des extraits du livre de la voie:

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Le faux-ego est inconscience

Bhaktimàrga 1-2-28

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Le faux-ego s’attache à la terre et aux sens en oubliant l’essence

Bhaktimàrga 1-2-29

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Le faux-ego est la conséquence, sur le mental, d’une conscience restée au niveau matériel et psychique. Cette conséquence est l’attachement aux pensées, aux idées, aux concepts et aux sens. Le faux-ego a les plaisirs du monde comme unique centre d’intérêt, les instincts primaires comme seules références.

La jouissance obsédée, les abus, la haine, la confusion, la dualité, la guerre, les concepts, la folie, l’inconscience, l’inconséquence sont ses créations. Quand son « hôte » se plaît aux choses spirituelles le faux-ego revêt les habits du moine, du prêtre pour mieux distiller ses concepts, sa confusion. On le nomme alors ego-spirituel.

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Complémentarité

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Dans le Manichéisme, (Le manichéisme est une religion fondée par le perse Mani au IIIe siècle. C’est un syncrétisme du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme) le mal est à égalité avec le bien, l’un et l’autre correspondant à Dieu. Dieu serait donc fait de ces deux pôles: le bien et le mal, comme un rotor possède deux pôles, un positif et un négatif, pour créer l’électricité en tournant.

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Ce serait cette bipolarité du bien et du mal qui créerait la vie. Chez les hindouistes cette création de la vie, par un « démiurge » bipolaire, est personnifiée par Brahma, le créateur et Shiva, le destructeur. On laissera de côté Vishnou, le protecteur, pour l’instant et pour une raison arithmétique.

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Pourtant Shiva est aussi le bon qui porte bonheur et le  »saint-patron » des yogis. La tradition shivaïte de l’hindouisme le considère dans cinq grandes fonctions : il est le créateur, le préservateur, le transformateur, le dissimulateur et le révélateur. Les spiritualité asiatiques ne sont pas avares de ces paradoxes apparents.

Chez les judéo-chrétiens, le mal et le bien ne sont pas égaux. On y parle d’anges déchus, de leur chef etc. Ce sont là, pour nous, des mythes mais nous sommes en accord avec eux sur le point d’inégalité entre Dieu et le diable, entre Le bien et le mal. Sur La Voie il est de coutume de considérer le bien comme infini et de dire que le mal est à un « epsilon » du bien. Si le mal avait été un tout petit peu plus puissant il aurait été à égalité avec le bien.

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Évidemment que le faux-ego n’est pas le mal, pas plus qu’il n’est le diable. Comme l’être humain n’a pas Dieu en lui, il n’a pas non plus le diable en lui. L’être humain, comme tout le monde, à quelque chose de L’Un, en lui et il a aussi la capacité à être dans le mal. Si on considérait que le bien était la lumière, le mal serait les ténèbres et les ténèbres sont l’absence de lumière, pas le contraire.

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Le bien, qu’est-ce que c’est ? C’est ce qui rapproche l’âme de l’Unité…le mal est ce qui l’en écarte, comme les forces centrifuge et centripète. Quand l’âme est à la direction du mental, la conscience de l’individu est élevée. Quand ce n’est pas le cas, sa conscience est aveuglée par la nescience, ou absence de la Connaissance révélée. Le faux-ego est l’absence de la Connaissance. Ici on ne parle pas des connaissances que l’on peut apprendre mais de la Connaissance qui vient de profond, grâce à la vie spirituelle.

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Une conscience identifiée à l’âme se rapproche du centre, de l’Unité et une conscience identifiée au mental s’en éloigne. Le bien est ce qui unit, le mal ce qui sépare. Vous avez-vu ? On retombe sur l’étymologie du mot diable !

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Le bien et le mal séparés sont récents

Il semble que la notion de bien et de mal, comme deux choses séparées, soit récente. Dans les cultes anciens, plus de 5000 ans, le bien et le mal étaient tous deux issus d’une même déité, puisque celle-ci était considérée comme contenant tout ce qui existe. La même déité était donc à la fois capable de bien et de mal.

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Nous sommes, sur ce point, pleinement en accord: L’Un ou le Tao contient tout, donc le mal aussi. L’Un n’a pas une morale chrétienne et il considère les araignées avec le même regard que les chatons. Pour L’Un, la mort physique d’une créature, animale ou humaine, ne revêt pas le même caractère de gravité que pour ceux qui restent ! Et l’existence de vous et de moi ne sont pas capitales à ses « yeux ».

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Pour revenir à notre panthéon du bien et du mal, il n’est pas inintéressant, d’un point de vue purement esthétique, de savoir que Zarathoustra (ou Zoroastre, plus ou moins 700 ans avant notre ère) a réformé la religion perse « mazdéenne » en remplaçant les dieux existants par deux entités, l’une bénéfique, « Ahura Mazda », dieu de la lumière apportant l’ordre, l’autre « Ahriman » ou « Angra Mainyu », chef des forces destructrices. Ahriman était sous les ordres d’Ahura Mazda.

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ps: vous verrez plus loin pourquoi il est question, ici, de la religion mazdéenne…

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Cette interprétation donne au dieu bienveillant, Ahura Mazda, le rôle de juge ultime qui laisse les démons tenter l’humanité et n’intervient qu’en dernier recours pour empêcher la victoire du mal.

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ça vient, ça vient…

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Le nom de ce Dieu du mal, Angra Mainyu, ou Ahriman signifie « la pensée angoissée » ou « la mauvaise pensée ».  Tiens…ça ne vous fait pas penser à quelque chose ? Qui distille les pensées angoissées, les mauvaises pensées au mental ? Le faux-ego !

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qu’est-ce que je vous disais !

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Initialement Ahura Mazdâ, le Dieu suprême (équivalent à Brahman pour les hindouistes), crée deux esprits qui s’opposeront, « Spenta Mainyu », l’esprit du Bien, l’Esprit-Saint, et « Angra Mainyu », l’esprit du Mal. Pour nous le Saint-Nom (ou la vertu du Tao) est cet esprit du bien et le Faux-ego est celui du mal. Les deux sont utiles pour que naisse le mouvement, la vie.

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Le mal, en l’homme, se manifeste. Il est suscité par une conscience « défectueuse ». Quand la conscience de l’homme est placée au mauvais endroit, dans la dualité, le multiple des apparences, les forces du faux-ego apparaissent.

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Quand elle se place au bon endroit, en ce centre que l’on apprend à connaître sur La Voie grâce aux techniques appropriées, le bien, l’harmonie, le Saint-Nom se manifestent. C’est la guidance. C’est l’enseignement de La Voie. Si cet enseignement vous attire, demandez ici et vous pourrez poser toutes les questions qui vous viendront. Il y sera répondu avec les réponses suscitées par cet enseignement. lavoie.eu@gmail.com