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La plupart des gens, quand ils voient le mot yoga, quand ils l’entendent ou le disent parlent d’une discipline au mieux spirituelle, au pire gymnique qui est le hatha-yoga et la plupart des gens ne savent pas à quoi se rattache ce mot. Pour résumer : le yoga serait le hatha-yoga.

Mais le yoga avant tout n’est pas une discipline, pas plus qu’une pratique. Le yoga est un état de conscience. Les pratiques à qui on a donné ce nom, pour résumer, sont des pratiques qui visent, pour les plus authentiques, à atteindre cet état de conscience.

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Les noms des disciplines qui se proposent d’amener leurs pratiquants à cet état de conscience sont composés d’au moins deux parties: le préfixe (jnana, hatha, karma, bhakti, raja etc.), qui dit la doctrine, la méthode et le suffixe yoga (l’état de Conscience). Aussi dit-on karma-yoga, jnana-yoga, raja-yoga, bhakti-yoga, hatha-yoga etc.

Donc le mot yoga, utilisé seul ne parle pas d’une discipline, d’une pratique mais d’un état de la Conscience…de quel état s’agit-il ? Quand on le connaît, cet état de conscience, on peut en parler…mais je vais me contenter, ici, de faire le point d’un strict point de vue sémantique (le sens des mots). Que signifie le mot yoga ?

Signification du mot yoga

Le mot yoga a eu plusieurs sens dans le passé, et encore aujourd’hui il veut dire plusieurs choses. Sur La Voie nous acceptons tous les sens qu’il a eu, car chacun est signifiant. Pour simplifier disons que le mot « yoga » signifie « repos ».

La définition du yoga est : « arrêt des fluctuations du mental ». Ce mot est d’origine sanskrite, langue ancienne des Indes. Très longtemps il a signifié liberté, libération, repos…il s’agit de la liberté vécue quand le mental est au repos.

Le recueil paninéen1 des racines verbales, le « dhatu-patha », donne la racine « yuj » comme signifiant repos (samadhi), c’est cette explication qui est retenue par le commentateur Vyasa2. Comme l’affirme la définition du Yogasûtra : « le yoga est l’arrêt (la mise au repos) des fluctuations du mental ».

La plupart des gens qui considèrent le yoga comme une voie spirituelle, qui ne le cantonnent pas dans un hatha-yoga plus fitness, disent que ce mot signifie « unité », « union » à cause de la racine sanskrite « yuj » qui signifierait « atteler, unir », mais c’est oublier que cette racine signifie aussi « reposer, arrêter ».

Le mot, yoga, a prit l’acception d’unir, d’union depuis un moine errant (samnyàsin) Adi Shankara qui vivait au huitième siècle après notre ère. Avant cette date, à l’époque de la rédaction du Yogasûtra, yoga signifiait liberté, libre, repos, reposer. Il s’agit toujours de se libérer de l’activité du mental, de mettre son cerveau au repos.

Le sens d’union, sous entendu « de l’être subjectif avec le suprême » est une interprétation de Shrî Aurobindo, qui vécu de 1872 à 1950 de notre ère. Mais l’état de yoga, c’est-à-dire de liberté, de repos ne date pas de lui.

Traduction du sanskrit

Les mots sanskrits ont toujours toutes sortes d’acceptions et c’est au traducteur, selon son discernement, d’en choisir le sens. Le sens des mots sanskrits dépend aussi, entre autres choses, de l’école philosophique, mystique qui les utilise. Selon que le scripteur est hindouiste ou védiste, par exemple, le sens d’un mot ne sera pas le même. C’est ainsi que le mot yoga peut vouloir dire « atteler », « unir », comme « reposer », « arrêter ».

Il ne suffit pas d’être un lettré en sanskrit, un traducteur, encore faut-il connaître ce qui est décrit, connaître de l’intérieur. Un traducteur moderne, qui traduit de l’allemand au français, devra être spécialisé. En effet, un traducteur d’allemand littéraire ne pourra pas traduire des textes allemands techniques, pareil pour la médecine, le droit ou le commerce.

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Il ne suffit pas de connaître le sanskrit pour bien traduire un texte sanskrit : encore faut-il être un spécialiste de la matière traitée par le texte sanskrit. Pour traduire, par exemple, le yogasûtra il faut être un spécialiste de la pratique qu’avaient ses rédacteurs. Mais quelle pratique avaient les rédacteurs du yogasûtra ? Certains s’accordent à dire qu’ils pratiquaient le raja-yoga mais lequel ? Celui de l’époque de la rédaction du livre ou celui d’aujourd’hui ? Car ils sont très différents ! Pour nous le raja-yoga, ou l’ashtanga-yoga d’aujourd’hui et celui que pratiquaient les gens de l’époque de « Patanjali » n’est pas le même. Il a subit de profonds changements.

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Jésus-Christ était un éveillé, comme Bouddha

Il y a quelque chose de plus extraordinaire à dire à propos du mot yoga : sa racine, dont le radical est « yuj » et qui devint Yoga, provient du mot indo-européen « yugom ». Pour l’instant rien de bien extraordinaire, mais sachez que la racine du mot vient, entre autres origines, du grec ancien zugon (yough en persan) et yuga en sanskrit !

Joug

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Quoi ? Vous restez froid ? Mais si je vous dis que Jésus Christ a dit, selon l’évangile de Matthieu (11:29/30) et les traductions  : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux, et mon fardeau léger ».

Alors ainsi le Christ voulait nous atteler ? Car un joug, vous savez que c’est un dispositif destiné à atteler des animaux servant à tirer une charge. Il aurait voulu dire que sa direction était douce…mais le Christ, quelle langue parlait-il ? Il n’a sûrement pas dit « joug » ! Le Christ parlait un araméen particulier, l’araméen occidental, et il émaillait ses propos de Grec (ancien qui était à l’époque moderne) et d’autres mots ayant d’autres origines.

Empire Parthe concurrent de l’empire romain

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A l’époque du Christ, la Perse était un empire concurrent et ennemi de l’empire romain d’Auguste, et sous la domination de l’empire parthe qui s’étendait de l’Irak actuel jusqu’en Inde (le Pakistan actuel). Dans cette Perse antique, la langue parlée, était l’araméen et la mystique très influencée par le Védisme et le zoroastrisme de Zarathoustra. Le jeune Jésus, avant que l’on entende parler de lui vers l’âge de trente ans, a été très influencé par cette mystique orientale et le joug dont il parlait, en araméen occidentale ou en grec, était bien le yoga mystique de l’époque, ainsi il n’aurait pas dit :

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Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux, et mon fardeau léger

Matthieu 11:29/30

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Mais :

Recevez mon enseignement et pratiquez mon yoga, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon yoga*  est doux, et mon fardeau léger .

Jésus

Vous vous souvenez que le mot « yoga » signifie « repos » et le Christ a dit que « vous trouverez du repos ». Le Christ était un éveillé qui enseignait La Voie, la même que celle qu’en son temps enseigna Lao-Tse, Krishna et « Patanjali » dans le but d’offrir la possibilité à leurs disciples de connaître le repos de l’âme. Le yogasûtra a été traduit d’une toute nouvelle façon, qui tient compte de tous les paramètres historiques et linguistiques qui étaient ceux de l’époque où il a été rédigé. Vous pouvez lire cette nouvelle traduction ici:  Yogasûtra.

Les évangiles ont été réécris aussi, avec le même soin. Vous pouvez lire « l’évangile de Jésus » ici : évangile de Jésus. J’ai titré ce travail « évangile de Jésus » parce qu’il n’a que les citations du Christ, sans les ajouts qui ont été faits à ses paroles plus tard, par l’église afin de donner du corps, de la crédibilité à son dogme. Dans cet évangile il n’y a aucun des miracles habituels des évangiles canoniques, mais les propos du Christ sont respectés avec un grand soin.

Le Tao-Te-King, un livre écris par Lao-Tse, un autre maître spirituel éveillé, est disponible à la lecture ici : Le livre du Tao. Bonnes lectures aux plus intéressés !

*/yoga : ici dans le sens de pratique

1/Paninéen : Panini (560-480 a.v. J.-C.) était un grammairien de l’Inde antique.

2/Vyāsa : Ce mot signifie « le compilateur », sous entendu de nombreux textes du Veda, son nom était Bàdaràyana et il était le maître de Nandhi Deva, lui même maître de Patanjali. Il était un rishi légendaire, auteur et compilateur de l’hindouisme. (on peut préciser que le mot Veda signifie Connaissance, la Connaissance-non-apprise ou Shruti)