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Sur La voie notre pratique repose sur trois piliers. Un de ces piliers est la méditation « formelle ». J’écris formelle parce qu’un des trois piliers, le service, est une forme de méditation en action, c’est-à-dire qu’il est possible de la pratiquer tout en vaquant à ses occupations habituelles. La méditation formelle est une méditation sans rien faire d’autre. La Voie a quatre techniques différentes de méditation. Certaines peuvent se pratiquer tout en faisant à peu près tout, la vaisselle, le ménage, en conduisant une automobile, dans une salle d’attente etc. Personne ne remarquera que vous méditez : ça ne se voit pas de l’extérieur. D’autres de ces techniques ne peuvent se pratiquer qu’assis et loin du regard des autres. Pour recevoir ces techniques il faut les demander.

Parmi ces techniques qui peuvent être pratiquées n’importe où il y a celle dite du « Saint-Nom ». Elle est très semblable, dans l’esprit, à cette prière silencieuse dont nous parle le moine dominicain Jean-Marie Gueulette, dont l’interview est reproduit plus bas. La technique du Saint-Nom fait penser à cette prière silencieuse à ceci près que sur la voie il n’est pas question d’un nom que nous pouvons dire, prononcer et auquel il nous est possible de penser. Malgré ce que sa dénomination ; « Saint-Nom » ou « Verbe » il ne s’agit pas d’un son que l’on peut écrire pas plus que dire. Je ne puis être plus précis, l’explication est donnée au cours de la Révélation.

Cette technique de Méditation, que nous pratiquons en méditation formelle et dans le Service, c’est-à-dire tout au long de la journée, le Christ la connaissait, nous en sommes absolument convaincus. Cette conviction vient de la lecture des évangiles. Quand on connaît cette technique on la reconnaît dans les textes, que ce soit les évangiles, le Tao-Te-King, le Bhaktimàrga, le yogasûtra ou la Bhagavad-Gîtâ (Le chant du bienheureux) malgré les ajouts qui ont été faits aux évangiles et à la Bhagavad-Gîtâ. Le Christ connaissait toutes les techniques de méditation de La Voie, nous en sommes convaincus. Il les avait apprises en Inde, dans le Cashmere, c’est-à-dire le Pakistan actuel. C’est ces techniques que l’on ne peut montrer à tout le monde que le Christ pratiquait lorsqu’il allait s’isoler, la nuit. A part cette différence, tout ce qu’a écrit ce moine dominicain est essentiellement similaire à l’enseignement de La Voie.

Les initiés à La Voie reconnaîtront les propos de ce moine. La phrase qui suit est tirée de ses écrits:

…cette pratique qui remonte aux origines du christianisme consiste à s’asseoir et désirer Dieu en répétant intérieurement son nom.

Jean-Marie Gueulette

Cette citation en dit plus qu’elle n’en a l’air. Le christianisme n’est pas la seule religion dont l’origine est la pratique que La Voie enseigne et qui est devenue autre chose, au fur et à mesure que les concepts ont pris la place de la vérité, faute de parole vivante. La vraie prière n’est expliquée par aucun livre, seul un guide vivant la transmet au cours du  »baptême dans l’esprit Saint et dans le feux » [Luc 3:16]. Dans les spiritualités asiatiques, indiennes il s’est passé la même chose avec le bouddhisme, le védisme, le taoïsme, le yoga (raja, karma, bhakti, jnana etc) le sikhisme, le jaïnisme, les enseignements de Krishna.

Le guide est un être humain incarné en même temps que celui qui le suit.

Bhaktimàrga 3-1-3

Les moines pratiquant la prière silencieuse décrite par le texte ci-après, comme les moines bouddhistes pratiquant la respiration consciente, la récitation des mantras, les yogis s’exerçant au prànàyàma et les moines taoïstes sont de belles personnes qui affinent leur Conscience. Voici, en suivant, un article publié sur « www.lavie.fr » sur la prière silencieuse. C’est ce qui reste de plus ressemblant à cette prière que le Christ pratiquait, selon nous.

Début de l’article:

« On l’appelle parfois prière monologiste (sur un unique mot), prière du silence intérieur  ou « oraison de simple regard ». Simple et dépouillée, cette pratique qui remonte aux origines du christianisme consiste à « s’asseoir et désirer Dieu » en répétant intérieurement son nom.

Depuis plus de 10 ans, le dominicain Jean-Marie Gueullette en transmet les fondements dans des sessions. Il publie chez Albin Michel un Petit Traité de la prière silencieuse.

-(le journaliste) Comment aborder cette façon de se recentrer sur Dieu ?

-(J.M.G) La présence de Dieu, en nous, est au-delà de toute sensation. La prière silencieuse est un acte de foi. Il s’agit de choisir de désirer Dieu, de recentrer inlassablement sa volonté et son amour sur Lui, de faire comme Lui : nous donner entièrement, nous tenir présents. Cette pratique n’est ni un monologue avec nous-même, ni une méditation sur des valeurs : elle est adressée à quelqu’un ! À Dieu, dont nous sommes le temple. Pour une fois, nous sommes attentifs à sa présence. Nous le rejoignons en nous.

-(le journaliste) Vous consacrez plusieurs pages à décrire les différentes postures adaptées à cette pratique. Pourquoi ?

-(J.M.G) Il est toujours tentant de regarder la relation à Dieu comme quelque chose de compliqué pour mieux y renoncer. Au lieu de reconnaître qu’on ne sait pas se tenir immobile, on a vite fait d’inventer des discours pour se convaincre qu’on n’est pas contemplatif ou qu’on est un grand pêcheur… alors que, parfois, c’est juste un problème de lombaires ! Trouver la position qui convient et se tourner vers la présence de Dieu de tout son être : ce programme peut sembler pauvre. Encore faut-il s’en donner les moyens. Pour y arriver, la façon de se tenir, la forme du tabouret ou la hauteur de la chaise qu’on utilise sont déterminants. Les chrétiens ne sont pas spontanément réceptifs à un discours associant corps et prière. Mais quand ils acceptent de tenter l’expérience, ils sont stupéfaits de ce qu’ils sont capables de faire.

-(le journaliste) A quoi « sert » le support du nom de Dieu ?

-(J.M.G) Cette façon de prier existe depuis les débuts du christianisme : la répétition intérieure d’un nom de Dieu aide à se recentrer sur Sa présence. L’idée est de choisir celui par lequel on s’adresse habituellement à Dieu dans la prière. Encore une fois, on ne peut réduire Dieu à nos perceptions. On ne choisira donc pas une idée sur Dieu ou un qualificatif. Car, si je dis amour ou justice, je suis dans l’emprise, j’impose mon prisme. Or, Dieu est au-delà de ce que je peux dire de Lui. Cette répétition aide à fixer l’attention, mais il faut y mettre une intention : celle de se tourner vers quelqu’un. Le nom nous permet un accès plus rapide à notre temple intérieur, lieu de silence où Dieu réside.

-(le journaliste) Cette prière silencieuse est-elle faite pour tout le monde ?

-(J.M.G) De nombreuses personnes la pratiquent spontanément sans savoir qu’elle relève d’une longue tradition. Elle n’est pas forcément adaptée à tout le monde, mais elle est accessible à tous ! Ça n’est ni la « meilleure », ni la seule façon de prier – c’est d’ailleurs la richesse de l’Église d’avoir permis une telle diversité d’expressions spirituelles –, mais sa simplicité parle à de nombreux croyants. Elle est exigeante, sans être compliquée. Selon votre état intérieur, vous prononcerez sans doute le nom de Dieu avec des nuances de joie, d’angoisse, de colère. Le silence, le dépouillement, le fait qu’il n’y ait pas besoin de se raconter rencontrent une demande.

-(le journaliste) Certains milieux chrétiens y sont-ils plus sensibles que d’autres ?

-(J.M.G) Les acteurs de la pastorale de la santé, par exemple, accueillent cette forme de prière avec un naturel incroyable. J’ai vécu une expérience très forte avec trois cent visiteurs d’hôpitaux ou de maisons de retraite. Le silence est immédiatement descendu dans la salle et, en quelques minutes à peine, chacun avait trouvé sa posture. Ces bénévoles font chaque jour l’expérience de la gratuité et du calme donné. Être assis au chevet d’un malade et lui tenir la main : ça n’est en rien  »efficace », mais c’est une présence essentielle. Ils ont compris spontanément cette façon de prier. »

Interruption de l’article

Cette prière est très semblable à notre méditation sur le « Saint-Nom » ou « Verbe », sinon par la technique au moins par la posture intérieure. Suivent les extraits de l’article qui ont le plus de similitudes avec l’enseignement de la voie et l’expérience de bien de ses pratiquants.

Reprise de l’article

S’asseoir et désirer Dieu.

Jean-Marie Gueulette

 

Il s’agit de choisir de désirer Dieu, de recentrer inlassablement sa volonté et son amour sur Lui.

Jean-Marie Gueulette

 

Nous donner entièrement, nous tenir présents.

Jean-Marie Gueulette

 

À Dieu, dont nous sommes le temple. Pour une fois, nous sommes attentifs à sa présence. Nous le rejoignons en nous.

Jean-Marie Gueulette

 

Il est toujours tentant de regarder la relation à Dieu comme quelque chose de compliqué pour mieux y renoncer.

Jean-Marie Gueulette

 

Au lieu de reconnaître qu’on ne sait pas se tenir immobile, on a vite fait d’inventer des discours pour se convaincre qu’on n’est pas contemplatif ou qu’on est un grand pêcheur.

Jean-Marie Gueulette

 

Trouver la position qui convient et se tourner vers la présence de Dieu de tout son être.

Jean-Marie Gueulette

Cette répétition aide à fixer l’attention, mais il faut y mettre une intention : celle de se tourner vers quelqu’un. Le nom nous permet un accès plus rapide à notre temple intérieur, lieu de silence où Dieu réside.

Jean-Marie Gueulette

Fin de l’article

Un aphorisme du Yogasûtra (un des classiques de la littérature spirituelle originaire des Indes) dit la même chose que : « Trouver la position qui convient et se tourner vers la présence de Dieu de tout son être » :

Avoir une posture stable et confortable en méditation, garder son attention posée sur la respiration, rester concentré, ne pas bouger.

Yogasûtra 2:29

Un autre texte parle bien de ça, de cette concordance d’enseignements spirituels qui semblent différents mais sont semblables en fait, ici: « La méditation sur le souffle«