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Le Non-agir

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S’il fallait isoler un seul concept, qui serait la clé ultime de toute spiritualité profonde, de toute La Voie, ce serait celui-là : le « non-agir ». Tous les grands maîtres ont parlé du non-agir… Sans doute pas tous en ces termes, mais ils en ont tous parlé. Qu’est-ce que le non-agir ? Le non-agir est une posture-intérieure, un état de conscience nécessaire à la réalisation de notre destinée spirituelle. Qu’est-ce que notre destinée spirituelle ? Je parle ici de celle qui est décrite dans les livres qui parlent du non-agir, tels que le Tao-Te-King, la Bhagavad-Gîtâ, le yogasûtra et le Bhaktimàrga, par exemple (pour ne citer qu’eux).

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Pour ces livres, la destinée spirituelle de l’âme est la Libération, la fusion, en toute conscience, dans l’Unité suprême ou Tao. Selon Lao-Tseu et Krishna, le moyen d’arriver à la Libération est le non-agir. Alors, ce non-agir ? Qu’est-ce que c’est ? Le non-agir est le fait d’agir dans un état de conscience élevé, dans le détachement. Pour La Voie, il s’agit d’un des quatre piliers de sa pratique, ce pilier particulier, est le « service ».

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Le « livre de La Voie » (Bhaktimàrga), dit à ce propos que « le service n’est pas de rendre service »… Et que de rendre service est du service, à condition que ce soit fait en conscience et avec détachement. Pour arriver à cette conscience et à ce détachement, qui sont les caractéristiques du non-agir, il existe, sur La Voie, une technique de méditation qui permet de faire tout ce que l’on a à faire, en gardant une part de son attention (ou conscience), au bon endroit, c’est-à-dire au centre, dans l’Unité. Agir dans l’Unité, est le non-agir ou « service ». Lao-Tseu disait à ce propos :

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Celui qui a réalisé l’Unité agit dans le non-agir, l’action faite dans le détachement de ses fruits et l’attachement constant à l’Unité. 

Lao-Tseu, Tao-Te-King 1: 2

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Le Tao est constamment dans le non-agir, pourtant il fait tout. Si tous, puissants et moins puissants, pouvaient garder leur conscience centrée, toute l’humanité serait convertie à la paix. Si, une fois convertis, ils voulaient encore prétendre diriger, je les remettrais dans le non-agir, grâce au tao. 

Lao-Tseu, Tao-Te-King 1: 37

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Ici, vous n’êtes pas sans avoir remarqué que le mot Tao a été écrit une fois avec une majuscule et une autre fois avec une minuscule. Quand il est écrit avec une majuscule, le mot Tao désigne L’Unité infinie. Quand il est écrit avec un  » t  » minuscule, il désigne la voie spirituelle (que nous nommons La Voie) qui permet d’atteindre la conscience de l’infini ou Tao. Ce verset 37 du livre 1 du Tao-Te-King, parle de l’attachement constant à la pratique spirituelle. Le mot tao signifie « La Voie ». Krishna disait, à propos du non-agir :

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L’action n’affecte pas le premie (amoureux de Dieu) qui va sur La Voie et reste dans L’Unité, il ne désire pas le fruit de ses actes. Qui connaît la vertu de L’Unité ne s’empêtre pas dans les filets des conséquences.

Bhagavad-Gîtâ 4:13 ou  » Le chant du bienheureux  » extrait de 3.4

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Il faut préciser que, dans ce livre, la Bhagavad-Gîtâ ou « Chant du bienheureux », le non-agir est le fait de « rejeter le fruit des œuvres », ainsi le verset 13 du chapitre quatre signifie : « Qui connaît la vertu de L’Unité ne s’empêtre pas dans les filets des conséquences (ou Karma). », ou la pratique du « non-agir » (ou service), vous met à l’abri du karma, bon comme mauvais. Krishna a dit aussi :

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Tu dois assumer tes devoirs sans chercher à les fuir, mais ne le fais pas pour jouir du fruit de tes actes. Ne crois jamais être à l’origine des conséquences de tes actes.
 
 
 
Bhagavad-Gîtâ 2: 47, ou  » Le chant du bienheureux  » extrait de 1.10
 

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Dans ce verset, Krishna n’enseigne pas à Arjuna seulement la notion de non-agir, mais aussi celle du devoir que l’on ne saurait éviter. Cette notion est très importante sur La Voie, aujourd’hui comme avant. Être dans le non-agir, mais ne pas refuser d’assumer ses obligations. Krishna a insisté auprès de son disciple Arjuna, à ce propos, ce qu’illustre le verset suivant :

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On ne doit jamais renoncer à ses devoirs. L’homme qui, sous l’emprise de l’illusion, y renonce, on dit de son comportement qu’il est dicté par l’ignorance.

Bhagavad-Gîtâ 18: 7 ou «  Le chant du bienheureux  » 16.6

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Si le disciple se sent dépassé par le défit du non-agir et de l’abnégation que représente l’acceptation de ses devoirs, Krishna donne ce conseil :

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Si tu ne peux pas même agir dans cette conscience, alors efforce-toi de renoncer à tout fruit de tes actes et en l’âme d’établir ta conscience.

Bhagavad-Gîtâ 12: 11 ou «  Le chant du bienheureux  » 10.8

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Établir sa conscience en l’âme, c’est pratiquer une technique de méditation particulière, qui permet à l’esprit d’être uni à l’Unité (le Tao, comme disait Lao-Tseu). Cette technique, révélée sur La Voie d’aujourd’hui, est celle dite du « Saint-Nom ». Ce n’est pas un mot qui peut s’écrire ni être dit, ce n’est donc pas un mantra. Plus haut il a été écris que le non-agir était, pour La Voie, le service et que le service était le fait de pratiquer une certaine technique de méditation tout en agissant. Krishna a parlé de ça : du service et de cette pratique :

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Au contraire de celui qui, sans union avec L’Un, convoite les fruits de ses actes et s’enlise ainsi dans la matière, l’âme établie dans L’Unité trouve, en oubliant le fruit de ses actes, une paix sans mélange.
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Bhagavad-Gîtâ 5: 12 ou  » Le chant du bienheureux  » extrait de 4.4
 

Ce que Krishna désigne par l’expression « union avec L’Un, ou Union-Sainte », dans d’autres traductions, est cette pratique de méditation de La Voie, qui permet d’être dans le non-agir ou service. Pratiquer ou ne pas pratiquer l’Union-Sainte, être dans l’union avec L’Un est méditer ou non en action.

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D’autres livres ont dit

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Le livre de La Voie (Bhaktimàrga) dit à propos du service :

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Le service est le Non-agir, le karma-yoga. 

Bhaktimàrga 2-3-2

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Reste dans le service détaché, sinon indifférent, ne te crois pas l’auteur de tes œuvres. 

Bhaktimàrga 2-3-9

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Si tu œuvres pour le monde tu recevras ta récompense du monde, si tu œuvres en service, tu recevras Sa Grâce et Le Royaume. 

Bhaktimàrga 2-3-15

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Le non-agir est essentiel dans ces voies spirituelles, dont le but est l’accomplissement du propos de notre vie, de la raison pour laquelle cette vie nous a été donnée. Mais il n’y a pas que le non-agir qui compte. La Voie (ou tao) n’est pas faite que du non-agir (ou service) : elle est faite aussi de la méditation.  Le livre de La Voie dit aussi :

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Par la méditation et par le service tu trouves l’Unité. 

Bhaktimàrga 2-3-15

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Pour le Tao-Te-King il est dit :

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L’homme qui connaît le Tao ne peut en parler, celui qui ne le connaît pas en parle savamment. Il (l’homme qui connaît le Tao), ferme sa bouche, ses oreilles et ses yeux, il reste dans le non-agir, il se dégage de tous liens.

Lao-Tseu, Tao-Te-King 2: 56

Ici il est aussi question de la méditation : fermer sa bouche, ses oreilles et ses yeux, c’est méditer, c’est-à-dire tourner ses sens vers l’intérieur. Je sais que la plupart du temps ce passage donne à penser aux trois singes de la sagesse, qui voudraient signifier qu’il faut se taire, ne pas voir ni entendre… Bref ; pratiquer l’omerta de la mafia sicilienne, la Cosa-Nostra ! Mais il ne s’agit pas de ça ; il s’agit bien de retourner ses sens vers le centre de soi, vers l’Unité.

Il existe des techniques de méditation qui permettent de faire ça. Lao-Tseu et Krishna révélaient ces techniques et pas seulement eux. Ces techniques sont encore enseignées à l’heure actuelle. Sur La Voie d’aujourd’hui elles sont révélées à ceux qui en font la demande. lavoie.eu@gmail.com