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Chacun donne le sens qui lui convient aux mots. A cause de ça nous parlons, entre locuteurs de la même langue, des langages différents et la compréhension s’échappe de nos échanges. Quant je creuse, archéologue de la sémantique, pour retrouver le sens premier des mots, je tombe sur des trésors de compréhension.

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Il y a beaucoup de différences entre les gens et, en spiritualité, ceux qui vont sur des chemins hors des églises, des synagogues, des mosquées et des temples possèdent des disparités encore plus grandes parce qu’ils n’ont ni dogme ni gnose et qu’ils improvisent leurs religions selon leurs convenances.

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Souvent le mot “spiritualité” est utilisé pour nommer des voies qui n’ont pas à voir avec le domaine de l’Esprit. Dans nos pays modernes la spiritualité est un vaste fourre-tout, un grand sac où sont mis beaucoup de pratiques et de démarches qui vont de la litho-thérapie aux aliens, en passant par le magnétisme ou la magie, la communication avec les morts et les prophéties millénaristes tirées de lectures mal documentées et digérées.

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Les tenants se disputent à propos des aboutissants et tel mot est disséqué jusqu’à l’absurde, formant un brouhaha digne de Babel, où chacun s’écoute discourir sans entendre l’autre, tant est grand le charme de sa propre voix et des mots qu’elle porte. Cette démarche, qui n’a rien de spirituelle, a fait que les hommes se sont entre-tués au nom de mots et de concepts, s’éloignant à chaque fois de la spiritualité vraie, celle qui a trait à l’Esprit, c’est-à-dire à l’âme ou au Souffle-Divin.

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Par les diverses traductions des livres fondateurs de la pensée occidentale, le mot hébreu “ruach” (“ruach-Elohim” ou “Esprit-des-Dieux” ou “Saint-Esprit” ) a donné le Grec “pneuma”, qui a donné le latin “spirare” (souffler), puis “spiritus” pour arriver à notre “Esprit” ou “âme”.

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Les mots pour spiritualité ont la même origine

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Le mot sanskrit, dont est issu le mot hébreu “ruach” est : “vàtah”, qui a donné “nirvàna”. Ce mot est composé du radical indo-européen “và” (qui signifie souffler) et du préfixe “nis” (devenu “nir” dans “nirvàna” ). Ce préfixe signifie l’idée du souffle qui sort de nous et s’apparente à l’âme. Les mots latins “anima” et “animus” sont reliés au grec ancien par le mot : “ ànemos”, qui signifie vent.

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En résumé : tous les mots qui servent à dire la spiritualité ont une seule et même origine. Esprit, âme, spiritualité, nirvanà ont leurs racines dans le sanskrit via le Perse, l’hébreu, le grec, le latin et ; enfin, le français. Cette racine est le motsouffle”, respiration.

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La spiritualité est donc le domaine de l’âme, ou du souffle-vital. Vous voyez il n’y a là rien de magique ni de mystérieux. Sur La Voie nous connaissons bien ce souffle-vital que nous nommons “Saint-Nom”. Dans le Tao-Te-King, Lao-Tse nomme ce principe: “ la vertu du Tao”

On gouverne un état comme on cuit un petit poisson, avec précaution. Lorsque le prince dirige l’empire par le Tao, les mauvais-esprits sont désarmés. Ce n’est pas que les esprits soient sans force, c’est qu’ils ne peuvent atteindre les hommes. Ce n’est point que les esprits soient incapables de blesser, c’est que le sage reste doux, ne blessant personne. Il soumet les esprits afin qu’ensembles ils ne se nuisent pas.

Cet état de chose est une manifestation de la vertu du Tao dans le monde.

Tao-Te-King 2:60

Dans la civilisation indienne existe la tradition des mantras, ces mots que l’on répète inlassablement afin d’atteindre le nirvàna. Le Saint-Nom porte ce nom à cause de cette référence, sauf qu’il n’est pas un mantra. On aurait pu le nommer : le “Saint-Souffle” ou “souffle-vital”. Certains disent pràna, même si cette notion ne s’applique pas tout à fait au Saint-Nom, en ce sens que, contrairement à la médecine ayurvédique, on ne s’intéresse pas au parcours de ce souffle, ni de l’énergie qui y est contenue.

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Vous voyez : tout se tient à travers l’histoire, les pays et les religions : la spiritualité a à voir avec le souffle-de-vie qui nous anime et qui s’échappe de nous en un dernier-soupir. C’est tellement simple et tellement universel.

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Sur La Voie, pas de discours, mis à part les Satsang (propos inspirés de la méditation) et ses paroles (du latin “parabola” ou “discours inspiré” ) venant de l’hébreu “pārehāl etDavar  (parole) eux-mêmes venus du sanskrit (encore lui ), via la Perse antique. Le préfixe sanskrit qui désigne le fait de parler estvàt et il signifievent. Décidément le vent, le souffle ont rendez-vous dès qu’il s’agit de spiritualité !

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Restons simples

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Les études, la littérature, l’histoire et la linguistique sont utiles pour apprendre l’origine des choses et des concepts mais bien inutiles quand il s’agit de sortir de la confusion où nous laisse un mental en roue-libre. La Voie est faite pour tous car tous avons le souffle en nous et vivons par lui. Tous nous avons besoin de clarté et de simplicité. Réfléchir à propos du mental, en utilisant le mental, c’est comme confier une enquête policière au capo di tutti capi.

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Pour se libérer du mental il faut en sortir. La Conscience, l’esprit, l’âme peut sortir des rets du mental que le faux-égo a entre ses  »mains »…comment ? En se posant sur quelque chose qui ne peut pas être atteint par lui. Ce quelque chose c’est le Saint-Nom dont on parle depuis tout à l’heure. Pour faire ça il existe une technique qui est offerte à qui en fait la demande. gianyoganand@hotmail.fr