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Il existe un sujet courant chez les personnes qui se préoccupent de spiritualité, ce sujet est:  »l’ego, ami ou ennemi ? » Certains estiment que l’ego n’a en rien partie liée à la spiritualité mais relève de la psychologie. D’autres pensent que l’ego appartient au domaine de la spiritualité. Selon les uns l’ego serait le moi, l’individualité psychique indispensable à la vie et véritable ami dans l’évolution de soi. Selon les autres il serait un ennemi qui vous couperait de votre être vrai, profond et vous plongerait dans les souffrances de l’illusion.

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Comme toujours il faut, pour comprendre un mot, en connaître l’origine. Le mot ego vient de l’indo-européen commun : « eghom » en passant par le grec ancien « egô » et veut dire « je », « moi ».

Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité (notamment en psychologie) ou comme une entrave à notre développement personnel (notamment en spiritualité).

[Wikipédia]

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L’ego serait l’équivalent psychologique de la conscience en philosophie. Un ego serait un « je » qui perçoit des informations, les traite. Ce qui peut nous faire conclure que l’ego est un « je » sans la conscience.

[Platon]

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Ce mot a plusieurs sens

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Pourquoi se disputer l’usage de ce mot ? Comme beaucoup de mots, ego possède différentes acceptions. Faisons un focus sur deux d’entre-elles : une matérialiste, platonicienne, cartésienne, l’autre spirituelle pour qui l’ego serait la représentation fausse qu’un individu se ferait de lui-même.

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Cette représentation ferait écran à la vraie nature de l’homme. Certains auteurs parlent de l’ego comme d’un faux-soi constitué de souvenirs et d’expériences. Elle différerait de la nature originelle de tout être humain. Une telle confusion produirait une illusion qui priverait ceux qui en sont prisonniers d’une vraie liberté et les enchaînerait à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour-propre, perception erronée du monde).

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Dans cette conception, une personne libérée de son ego connaîtrait l’éveil spirituel. Quand je parle de l’éveil spirituel je parle de celui qui fait d’une personne lambda un bouddha. Je ne parle pas de ce que les gens parlent habituellement en utilisant ce mot pour parler d’un certain réveil de la conscience aux choses subtiles, spirituelles. Les méthodes pour se libérer de l’emprise de l’ego sont diverses et chaque école spirituelle a la sienne. Voici le point de vue de La Voie à ce propos :

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L’ego est indispensable

L’ego est indispensable car c’est lui qui donne à l’âme éthérée la conscience d’elle-même au moment de l’incarnation. Cette incarnation est une chance même si l’hindouisme et le bouddhisme la ressent comme une chaîne (samsâra) dont il faudrait se libérer. Sans ego pas de conscience ni de libre-arbitre et sans conscience ni libre-arbitre pas de conscience de la béatitude. Avant de s’incarner l’âme est dans l’énergie Divine (Le Royaume ou Tao) comme une goutte d’eau dans l’océan. Il n’y a là aucun bonheur, aucune béatitude, aucune félicité car une goutte d’eau n’a aucune conscience, aucun libre-arbitre, aucun discernement. L’incarnation met cette goutte divine dans un contenant, le corps. Cette  »mise-en-bouteille » est rendue possible par l’ego.

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Donc, en résumé: l’ego en faisant que l’âme puisse dire « je », lui donne la conscience d’elle-même et la liberté de dire oui et de dire non, donc le libre-arbitre. La conscience est la fille de l’âme et de l’ego. Avec la conscience vient, à l’âme, le libre-arbitre; la possibilité de dire oui et non.

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L’âme vient de L’Un la Grâce lui donne chair par l’ego offert

Pour qu’elle prenne conscience

[Bhaktimàrga 1-2-12]

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Chaque médaille a son revers

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Chaque médaille a son revers et le libre arbitre aussi. Le revers du libre-arbitre est le faux-ego né du manque de conscience profonde. Quand le mental devient son propre maître, qu’il n’est plus l’outil de la conscience vient la confusion. Cette confusion est le faux-ego. Le propos de la spiritualité est de replacer la conscience au bon endroit, qu’elle redevienne la maîtresse du mental.

Le faux-ego est le résultat de la nescience: quand l’âme n’a plus conscience de sa nature, quand elle se perd dans l’illusion, dans la confusion de la dualité, apparaissent les effet du faux-ego. Les ténèbres sont l’absence de Lumière comme l’ignorance est l’absence de connaissance. On pourrait dire qu’une absence n’est rien et pourtant les ténèbres, qui sont l’absence de Lumière, font que vous vous perdez. L’ignorance donne la bêtise humaine, le racisme, la cruauté, le cynisme.

Il est impossible de tuer le faux-ego, sauf d’être toujours en extase mystique (samadhi ) . Pour ne pas en subir l’influence il s’agit de s’en remettre à la Grâce par une posture intérieure particulière, que la pratique régulière de La Voie permet.