Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Comment se fait-il que deux personnes, face à une même vision, une même situation ne verront, ne ressentirons pas la même chose. L’une sera heureuse de ce qu’elle voit, de ce qui lui arrive tandis que l’autre sera, à l’inverse, négativement bouleversée ?

Texte de sri hans Yoganand ji sur la spiritualité, La Voie, l'illusion, la màyà.
Ce n'est pas le monde qui est illusion c'est nous quii nous illusionnons !

 

Les mots en bleu sont des liens menant à des textes explicatifs.

Pour les ouvrir faites un clic droit dessus et choisissez :

''ouvrir le lien dans un nouvel onglet ''

 

 

Le blog où se trouvent les satsang est ici

 

Télécharger le mp3

 

 

 

 

 

 

 

Comment se fait-il que deux personnes, faces à une même vision, une même situation ne verront, ne ressentirons pas la même chose ? L’une sera heureuse de ce qu’elle voit, de ce qui lui arrive, tandis que l’autre sera, à l’inverse, négativement bouleversée ? Les Indiens (des Indes) parlent de l’illusion, de la Màyà et disent que l’illusion, c'est le monde tout entier. Ils disent qu’il est une illusion parce qu’il est né et qu’un jour, il disparaîtra. Pour eux tout ce qui né, meurt et tout ce qui meurt est illusion. En vérité l’illusion est dans le regard de celui qui la voit. Une pleine, une profonde conscience verra l’Unité dans le multiple et le monde lui semblera vrai.

 

 

 

Chacun son monde

 

 

 

La vision du monde et de l’existence n’a rien d’objective. Deux personnes différentes qui regardent, côte-à-côte, un même paysage verront deux paysages différents, à n’en pas douter. L’un remarquera l’harmonieux arrangement des vignes, avec leurs rangs parallèles, croisant leurs droites en des perpendiculaires différentes, d’une parcelle à l’autre, suivant les pentes des coteaux et la fuite des perspectives. L’autre verra la couleur que la lumière donne aux feuilles et le ciel au-dessus, allant encore au-delà du visible pour rêver à d’autres choses.

 

 

 

Chacun sa vision,

chacun son monde

 

 

 

C’est ainsi : il n’y a pas d’humanité, mais une foule d’humains et autant de visions du monde. Pour celui qui aime la grande ville, le soir venu, quand les lumières éclairent, une à une, les fenêtres « revivantes », une poésie se dégage et vient bercer son cœur d’une nostalgie qui lui reste de l’enfance disparue. Pour celui qui déteste la ville, cette même scène ne suscitera que frustration et rejet. Ces fenêtres, il les verra comme autant de prisons et il n’entendra que le bruit des moteurs et les klaxons des embouteillages de l’avenue voisine.

 

 

 

La conscience

derrière la fenêtre

 

 

 

Il n’y a pas que la vision des paysages qui varie d’une personne à l’autre, le monde n’est pas fait que de paysages, il y a aussi les êtres, dans le monde et la vision des êtres varie comme celle des paysages, en fonction des yeux qui les regardent… Ce n’est pas tant les yeux qui regardent le monde et les êtres, il y a une personne derrière les yeux, une conscience derrière la fenêtre.

 

 

Cette conscience pose un regard sur le monde et les êtres environnants, comme sur elle-même, qui n’est pas objective. Posez la photographie de quelqu’un sur une table et faites la voir à dix personnes. Demandez leur ce que ce visage suscite comme réflexion chez elles, ce qu’elles pensent de la personne, dont ils regardent la photo, vous aurez dix avis différents et combien de contradictions ?

 

 

« Qui vise la Réalisation soumet le mental et ses sens au Saint-Nom par le service. » (Bhaktimàrga 2-3-37) Mais ce qu’est vraiment cette personne, dont le visage est sur la photo, ne dépend pas de ce qu’en pensent les dix personnes qui la regardent. Cette personne possède une personnalité plus riche et plus complexe, que ce qu’une photo peut laisser voir et elle n’est pas faite d’un seul bloc, bon ou mauvais.

 

 

 

L’être pluriel

 

 

 

Chaque personne est ainsi faite ; de bric et de broc, de cicatrices plus ou moins bien refermées, d’espoirs en l’avenir, de rêves perdus, de compromis avec la réalité et de plein de choses encore… Une personne sera gentille avec ses proches et décrite ; par eux, comme un ange, tandis qu’elle sera inamicale avec d’autres qui la considéreront comme méchante.

 

 

C’est ainsi : si les yeux sont des objectifs, la conscience qui voit le monde à travers ces yeux, ne l’est pas et ainsi la vision qu’elle a du monde est déformée par sa subjectivité, sans même qu’elle s’en rende compte, qu’elle le sache. C’est ainsi que naissent des controverses stériles à propos de ce que sont les choses, certains les voyants comme cela, tandis que d’autres les voient autrement et chacun de tenir sa vision pour la seule vraie.

 

 

 

La Màyà

 

 

 

Voilà ce qu’est la Màyà, l’illusion : dans la différence qu’il y a entre le monde et la vision du monde. Le monde est ce qu’il est, pas ce que les gens voient. Par exemple aucun lieu n’est meilleur qu’un autre et ceux qui considèrent que la basilique de Vézelay possède une vibration particulière, plus élevée que l’arc de triomphe de Paris se trompent : ni l’arc de triomphe de Paris, ni la basilique de Vézelay n’ont de vibrations plus ou moins élevées l’une que l’autre.

 

 

C’est l’état d’esprit du visiteur qui changera en fonction du lieu où il se trouvera. S’il est un ancien combattant républicain et patriote ; il trouvera l’arc de triomphe plus fort en vibration que la basilique, s’il est chrétien, porté au mysticisme et qu’il a lu « Les étoiles de Compostelle » de Henri Vincenot, alors il ressentira une vibration très ancienne monter de la roche-mère de la crypte, sous le maître-autel de la basilique de Vézelay.

 

 

 

Une auberge espagnole

 

 

 

Le monde, les gens et les choses sont comme des auberges espagnoles ; on y trouve ce qu’on y apporte. C’est ça la Màyà, l’illusion. Ce sont les êtres humains qui s’illusionnent et s’auto-illusionnent. Le monde est ce qu’il est, ni bon ni mauvais. Il est parfait. Tout est en symbiose avec tout : les végétaux, les insectes, les animaux… Rien ni personne (des êtres vivants autres qu’humains) n’abuse de l’autre et rien n’est inutile. Le seul nuisible au monde et à lui-même, qui en fait partie, c’est bien l’être humain dont la conscience est dans la confusion.

 

 

Mais l’être humain ne se trompe pas seulement sur le monde et sur les autres, non : il se trompe aussi à son sujet. Quand l’homme s’illusionne sur lui-même en se prêtant des capacités, des qualités qu’il n’a pas et qu’il n’en souffre pas, alors c’est un moindre mal ; pour lui, mais quand il se trompe sur lui-même en sa défaveur, à cause d’une mésestime de soi, alors c’est plus dommageable, car le monde des hommes ne laisse pas de place aux faibles, seuls les forts, les winners ont le droit à une place au soleil, tant le prix du foncier est élevé…Mao disait «  Le pouvoir est au bout du fusil », maintenant on peut dire qu’il est à ceux qui possèdent l’argent et l’argent peut acheter des fusils. Ceux qui ont moins d’argent, ceux qui n’en ont pas sont peu de choses.

 

 

Celui qui voit par nos yeux, qui entend par nos oreilles et parle par notre voix, c'est qui ? « Gnothi seauton » ou « Connais-toi toi-même », comme disait Platon dans le « Charmide »… mais se connaître soi-même est si compliqué ! Il faut tant de temps, toute une vie pour démêler l’écheveau de notre « soi » en vrac.

 

 

 

Simplifier

 

 

 

Alors, il s’agit de simplifier, d’élaguer et qu’est-ce qui mérite de l’être ? Élaguer sans doute tout ce qui n’est pas vraiment soi-même, tout ce qui a été rajouté, aggloméré, identifié à soi-même depuis notre tendre enfance. Mais on peut faire l’économie d’une psychanalyse. Il y a quelque chose, en nous, qui est là depuis notre naissance et qui sera là toute notre existence et ce « quelque-chose » est notre vrai « soi ». Mais comment peut-on faire la part des choses entre ce qui est notre vrai « soi » et les apports de l’existence ? On ne le peut pas : il faut, pour nous aider, le regard extérieur de quelqu’un qui a déjà fait ce travail pour lui-même.

 

 

Comme on s’adresse à un psy, on peut s’adresser à un guide spirituel authentique, pour qu’il nous guide, sans nous dominer, vers ce profond « soi » qu’il connaît pour lui-même et qui se situe au même « endroit » pour tous, avec le même chemin pour y arriver ; un chemin qui mène à l’intérieur. Alors, quand on parcourt ce chemin et que l’on trouve la constante de notre existence, qui est en même temps le dénominateur commun de toute vie sur Terre, on se connaît soi-même comme on connaît l’essence de tout et on devient capable de regarder et de voir tout autour avec une juste-vue, une vue objective, dégagée des voiles enténébrés de l’illusion.

 

 

Pour faire ce chemin, il s’agit d’aller au fond de soi, à la rencontre de cette constante de notre vie, de ce dénominateur commun. C’est le propos de La Voie.

 

 

 

 

 

 

 

e.mail de contact : lavoie.eu@gmail.com

Le blog des satsang

Tag(s) : #illusion, #spiritualité, #subjectivité, #màyà, #lavoie, #méditation, #bonheur
Partager cet article
Repost1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :